Movodis – Fusion du LEB, MBC et Travys
Les incertitudes s’accumulent, le personnel a besoin de garanties
Pensée comme un projet d’avenir pour les transports publics vaudois, la création de Movodis, qui doit regrouper les entreprises de transport Travys, LEB et MBC, traverse une zone de turbulences. Après des mois de questions et d’inquiétudes liées à l’organisation future et au déplacement de nombreux postes à Yverdon, les récents conflits autour de la gouvernance de la nouvelle structure ajoutent encore à l’incertitude. Pour le personnel concerné, le moment est venu d’obtenir des réponses claires et des garanties concrètes.

Le projet Movodis poursuit officiellement son chemin. Pourtant, les événements de ces dernières semaines ont fait apparaître au grand jour les tensions qui existaient déjà en coulisses. Les démissions en bloc de représentants du Nord vaudois au sein des organes de la future holding et les interrogations sur la place de Travys dans la gouvernance ont jeté une lumière crue sur les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du projet.
Pour le personnel, ces débats institutionnels ne sont pas anodins. Ils viennent s’ajouter à des préoccupations déjà largement exprimées depuis plusieurs mois. Les collaboratrices et collaborateurs appelés à rejoindre le futur siège de Movodis à Yverdon attendent toujours des réponses sur des questions essentielles : lieu de travail, travail multisites, temps de déplacement, télétravail, horaires, frais professionnels ou encore organisation future des postes.
Lors de l’atelier consacré aux conditions transitoires, organisé en juin, les salarié·es ont clairement indiqué leurs priorités. Une demande est revenue avec force : connaître rapidement l’organisation future afin de savoir où chacun se situera et dans quelles conditions il exercera son activité. Le besoin de visibilité et de sécurité est aujourd’hui évident, sinon, une partie des collaborateur·trices pourrait quitter le navire, faute de pouvoir pleinement se projeter dans Movodis. Le risque est grand de voir des collègues démissionner et de perdre toutes ces compétences essentielles au bon fonctionnement de la nouvelle entité.
Le SEV regrette que les difficultés de gouvernance observées aujourd’hui viennent ajouter une couche supplémentaire de doutes à un projet qui exige au contraire de la stabilité et de la confiance. Les enjeux politiques ou institutionnels ne doivent pas faire oublier les femmes et les hommes qui feront vivre la future entreprise au quotidien.
Face à cette situation, le syndicat entend maintenir le cap. Le SEV s’est vu confier un mandat clair par le personnel : défendre les intérêts des collaboratrices et collaborateurs concerné·es et obtenir les meilleures conditions possibles dans le cadre du transfert vers la nouvelle structure. Ce mandat est connu des responsables du projet.
Le SEV attend maintenant que le CA désigne rapidement et officiellement les interlocuteurs avec lesquels négocier, ainsi qu’un calendrier, conditions fondamentales pour pouvoir débuter les discussions et parvenir à des résultats concrets. Il mettra tout en œuvre pour faire aboutir des solutions respectueuses du personnel et préserver de bonnes conditions de travail.
Les conditions de transfert devront être négociées sérieusement, sans précipitation ni pression liée au calendrier. Les salarié·es ont besoin de certitudes, pas de promesses vagues. Une fusion ne peut réussir que si celles et ceux qui en constituent la richesse principale – le personnel – sont écoutés, respectés et pleinement associés à la démarche.
Plus que jamais, le message est simple : les changements organisationnels ne doivent pas se faire au détriment de la sécurité professionnelle et de la qualité de vie des travailleurs et travailleuses. C’est sur ce terrain que le SEV continuera d’être présent et vigilant.
Avez-vous un commentaire ou une question concernant l’article ? Envoyez un e-mail à l’auteur·e ou à