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CJ

Nouvelle directrice, même stratégie

La nouvelle directrice des Chemins de fer du Jura (CJ), Rébecca Dougoud, a pris ses fonctions le 1er avril. À l’issue de ses 100 jours à la tête de la compagnie, elle livre ses premières impressions.

Rébecca Dougoud, succéder à votre prédécesseur est-il un exercice périlleux ? Quelles sont vos premières impressions dans ce contexte ?

Je me suis sentie accueillie. J’ai trouvé des collaborateurs engagés, tournés vers l’avenir et qui ont envie de partager leur connaissance de l’entreprise, son fonctionnement, leur compétence. Des attentes sont aussi exprimées. J’écoute. J’ai encore beaucoup à apprendre sur le fonctionnement de l’entreprise.

Le bilan 2025 des CJ boucle avec un résultat d’exploitation positif, une meilleure participation des pouvoirs publics, mais une baisse des voyageurs de 6,3 %, le taux d’auto-couverture restant faible, env. 25 %, envisagez-vous augmenter les recettes ou une baisse des charges ?

Nous devons chercher à offrir un service de meilleure qualité pour attirer plus de clients. L’enjeu des recettes est fort même si nous ne maîtrisons pas tous les leviers. Pour être honnête, la maitrise de nos coûts est un enjeu.

Le Conseil fédéral a refusé d’inscrire le projet ferroviaire ArcExpress (cf. encadré), classé en priorité 2 par le rapport Weidmann de l’EPFZ, dans son programme Transports’45, êtes-vous déçue ?

Il est important que les autorités politiques, les acteurs économiques et les habitants de l’arc jurassien se mobilisent.

Avez-vous une stratégie offensive afin d’intégrer malgré tout le projet ArcExpress dans ce premier paquet d’investissements ferroviaires ?

Nous sommes dans une phase politique où c’est la mobilisation des acteurs du territoire qui doit s’organiser.

De quelles expériences bénéficiez-vous avec les partenaires sociaux, dont le SEV ?

Dans la conduite des grands projets, nous sommes un peu plus loin des partenaires sociaux. Mon souhait est que les projets, le dialogue, l’écoute et la compréhension mutuelle permettent d’avoir des échanges constructifs.

À votre entrée en fonction, vous avez vanté, dans la presse régionale, la forte polyvalence (multitâche) de vos collaborateurs. Ces compétences sont-elles assez prises en compte selon vous ?

Cela va vous surprendre, mais la polyvalence existe à tous les niveaux de l’entreprise. Pour certaines personnes, c’est lié à leur grande expérience au sein des CJ. Je pense qu’il ne faut pas opposer polyvalence et expertise.

À quel rythme envisagez-vous les négociations syndicales annuelles ?

Je crois que le dialogue a toujours été de mise aux CJ, en tout cas ces dernières années. Nous sommes dans une région où le syndicalisme est important. Je pense avant tout que c’est la qualité des échanges qui doit primer. Nous trouverons ensemble le rythme adapté.

Jean-François Milani

Remettre le projet sur rail

Pour l’instant, ArcExpress est exclu des crédits de financement du programme fédéral Transports’45, infrastructures ferroviaires à réaliser d’ici à 2045 mis en consultation.

Pour les CJ, il est impératif de replacer ce projet dans le « Message 2027 ». Il vise à intégrer l’Arc jurassien au réseau ferroviaire national, en reliant sans changement de train La Chaux-de-Fonds et Delémont, avec un gain de temps de 30 minutes, moyennant quelques corrections de tracés sur le réseau CJ et la pose d’un 3e rail entre Glovelier et Delémont. L’investissement de 87 millions de francs est minime. Une première phase évaluée à 33 millions devrait être inscrite précisément dans le « Message 2027 ». Tout report pourrait mettre en péril sa réalisation et de nouvelles recettes indispensables. L’État jurassien défend ce projet. La mobilisation est de mise et une lettre type de soutien sera téléchargeable sur le site des CJ : www.les-cj.ch. JFM

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