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Fin de carrière digne

Le SEV propose une rente‑pont AVS aux tpg

Le comité de la section SEV‑tpg a récemment proposé à la direction des transports publics genevois (tpg) l’instauration d’une rente‑pont AVS destinée à faciliter le départ à la retraite anticipée. Cette revendication s’inscrit dans une réflexion de fond sur la gestion des carrières longues, notamment dans des métiers marqués par la pénibilité des tâches et des horaires irréguliers. L’étude Trapheac (voir notre dernière édition) a montré par exemple à quel point nos collègues de la conduite connaissent des atteintes importantes à leur santé.

Dans son courrier adressé à la direction, la secrétaire syndicale du SEV en charge des tpg, Aurélie Lelong, rappelle que ce type de mécanisme existe déjà dans d’autres entreprises de transports publics : aux tpf à Fribourg ou aux CFF au niveau national. Pour les tpg, le SEV propose que l’entreprise finance une rente‑pont AVS dès l’âge de 61 ans, à hauteur de 1 500 francs par mois, afin de permettre un départ avant l’âge de référence sans pénaliser la rente AVS future. « Cette mesure représenterait un investissement gagnant‑gagnant », souligne Lelong.

Pour les salarié·es, l’enjeu est clair : « elle offrirait une fin de carrière digne et valorisante ». Pour l’entreprise, l’intérêt est tout aussi concret : la possibilité de remplacer progressivement des salarié·es expérimenté·es par des plus jeunes, tout en maintenant la qualité du service public. Selon les estimations du comité SEV-tpg, la différence salariale moyenne entre ces deux catégories – environ 3 000 francs par mois – permettrait de financer la rente‑pont sans coût supplémentaire pour l’entreprise. Les calculs montrent un gain net potentiel pour les tpg. « Le financement de la rente‑pont AVS ne serait pas une dépense, mais un investissement stratégique », écrit encore Lelong.

Au‑delà des aspects financiers, le SEV met aussi en avant des effets positifs en matière de santé et d’organisation du travail. Une retraite anticipée réduirait la pression sur les collègues en fin de carrière, souvent plus exposé·es aux contraintes physiques et psychologiques, et contribuerait à faire baisser l’absentéisme. Elle renforcerait l’attractivité des tpg comme employeur, dans un contexte de concurrence accrue pour recruter du personnel qualifié. La proposition a été transmise à la direction le 23 avril et a reçu un accueil favorable. Des discussions doivent désormais s’ouvrir. Pour le SEV, il s’agit d’un signal encourageant : au‑delà de la défense des acquis, le syndicat entend continuer à obtenir de nouveaux droits, adaptés aux réalités du travail et aux besoins des salarié·es.

Yves Sancey

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