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Nouveau comité élu et CCT adoptée

Réunie mardi 24 mars au chantier naval de la CGN à Ouchy, à bord du Belle Époque « Rhône », l’assemblée générale de la section SEV‑VPT Lac Léman a rassemblé près d’une centaine de collègues. Une forte participation, à la hauteur des enjeux : le renouvellement du comité et le vote sur une nouvelle CCT déterminante pour les années à venir. L’émotion était palpable, à l’heure de saluer le travail du comité sortant et de son président Lionel Simonin.

L’AG a voté la nouvelle CCT. Les avancées sont majeures. À la hauteur du taux de syndiqués à la CGN.

L’assemblée a d’abord été marquée par le mot du président sortant. Revenant sur un mandat « commencé dans la tempête », Lionel Simonin a rappelé combien l’assemblée générale extraordinaire de juin 2022 avait constitué un tournant (voir ci-dessous). Cette mobilisation a permis d’ouvrir des discussions de fond, d’imposer l’écoute et d’obtenir des avancées concrètes. Jean Pierre Etique, secrétaire syndical du SEV, est revenu avec émotion sur cette période : « Je me souviens de réunions qui se terminaient tard, parfois très tendues. Lionel appelait encore à 22 heures pour vérifier un point ou préparer la suite. Ce comité n’a jamais lâché, même quand la situation paraissait bloquée. » Une ténacité qui, selon lui, a permis de maintenir le cap lorsque tout semblait vaciller.

Un point important est revenu sur les démarches menées à la suite du sondage interne réalisé auprès du personnel. Celui-ci avait mis en lumière une forte satisfaction quant aux métiers et aux équipes, mais aussi une souffrance réelle dans certains services, notamment administratifs, en lien avec la direction de l’époque. Le comité a alors privilégié une approche respectueuse et collective : anonymat garanti, échanges ciblés, puis séances spécifiques par département avec l’arrivée de la nouvelle direction. Des mesures ont été engagées, dont les effets devront être évalués dans la durée, un dossier que le nouveau comité reprend désormais.

Le cœur de l’assemblée restait toutefois la nouvelle CCT CGN, largement présentée et débattue. Les avancées sont majeures. La plus emblématique concerne la prise en charge des primes d’assurance maladie : l’aide actuelle sera progressivement augmentée pour atteindre, d’ici 2033, le remboursement intégral de la prime de base, une première en Suisse !

Autre amélioration importante : la majoration de 20 % des heures travaillées le samedi et le dimanche, permettant une meilleure reconnaissance du travail en horaires décalés et une récupération plus juste. À cela s’ajoutent des progrès en matière de temps de travail, de vacances, d’indemnités et de santé au travail. La nouvelle CCT introduit en outre de véritables possibilités de retraite anticipée : jusqu’à cinq ans avant l’âge légal, avec une rente pont financée par la CGN venant compléter le 2e pilier, ou sous forme de réduction progressive du taux d’activité, avec maintien des cotisations pour éviter une baisse de rente. Ces mesures constituent une avancée majeure pour la santé et la reconnaissance des métiers exigeants, en offrant des fins de carrière plus dignes, adaptées à la pénibilité du travail sur le Léman. La CCT a été adoptée à l’unanimité, un signal fort de cohésion et de confiance.

Ces résultats ne doivent rien au hasard. Ils sont le fruit d’une base très largement syndiquée et mobilisée, d’un engagement collectif constant et d’un travail unitaire du comité sortant. Le contexte a également évolué positivement avec l’arrivée d’une nouvelle direction, plus ouverte, reconnaissant la pénibilité des métiers et la nécessité de valoriser le personnel.

Stéphane Montangero, représentant du personnel au conseil d’administration, a, lui aussi, salué le sérieux, la rigueur et la capacité de rassemblement du comité sortant, et en particulier de Lionel Simonin, soulignant une collaboration exigeante, mais fructueuse, menée dans le respect de la démocratie syndicale.

L’élection du nouveau comité était le deuxième point fort de l’assemblée. Damien Grossen a été élu président à l’unanimité à main levée. Les autres membres ont été désignés par vote à bulletin secret, permettant l’élection de Sébastien Adjemian et Jonas Beguelin, ainsi que la réélection de Raphaël Isaaz et Olivier Mettraux (vice-président). Les deux candidats non élus ont été chaleureusement remerciés, et la présence de plus de candidatures que de postes a été saluée comme un signe très positif de la santé démocratique de la section.

Cette assemblée générale n’était pas un simple passage de relais. Elle a confirmé que lorsque la base est organisée, solidaire et impliquée, elle peut non seulement résister, mais aussi avancer. Le cap est désormais entre les mains du nouveau comité, avec une responsabilité claire : poursuivre ce travail collectif, sans rien lâcher.

Comité SEV-VPT-Léman : bilan et perspectives

Le comité. De g. à dr. : J.-P. Etique (SEV), L. Simonin (président sortant), Raphaël Isaaz (réélu) Sébastien Adjemian (nouveau), Damien Grossen (nouveau président), Jonas Beguelin (nouveau), Olivier Mettraux (réélu et vice-président), Joris Cottier (sortant) et Jean-David Martin (sortant).

Après quatre ans « commencés dans la tempête », comme le résume Lionel Simonin, la section SEV‑VPT–Lac Léman a tourné une page importante lors de son assemblée générale du 24 mars. Le climat est sans commune mesure avec celui de ses débuts. Le comité sortant avait en effet repris les rênes dans une période de désorganisation : absence de vision, matériel défaillant, horaires incohérents, personnel sous pression. L’AG extraordinaire de juin 2022 avait marqué un tournant, rassemblant presque tous les syndiqué·es disponibles et redonnant au comité légitimité et force d’action.

Le bilan est solide : nouvelle grille salariale avec revalorisation des bas salaires, accès élargi aux vacances estivales, engagements supplémentaires nécessaires au fonctionnement de la flotte, et surtout une relation apaisée avec la direction depuis son renouvellement. « On termine dans un climat diamétralement opposé à celui dans lequel on a commencé », dit Lionel. La cohésion du comité, cinq personnes soudées, complémentaires, a compté autant que les revendications obtenues.

Le nouveau président, Damien Grossen, aborde la suite avec confiance. Il se réjouit d’un comité représentatif de tous les métiers de la CGN : timoniers, capitaine, commissaire‑de‑bord, collègue « non-navigants ». Une diversité indispensable pour défendre efficacement l’ensemble du personnel. Il voit aussi une direction plus ouverte : « On sent qu’elle veut avancer avec nous. »

Les défis ne manquent pas : suivi du système salarial, accompagnement des réorganisations, défense de la sécurité et des conditions de travail. Mais la section part sur de bonnes bases, portée par une adhésion syndicale très forte qui lui donne un poids réel dans les négociations.

Le comité change, la détermination demeure : défendre celles et ceux qui font vivre le Léman et la CGN, dans l’esprit de solidarité qui fait la force du SEV.

Yves Sancey
yves

Assermentation – Nouveau capitaine à la CGN

La CGN compte désormais un nouveau capitaine assermenté. Le 26 mars, à bord du « Lausanne » amarré à Ouchy. Lionel Simonin, 34 ans et président sortant de la section VPT‑Lac Léman, a prêté serment devant la préfète. Une scène solennelle, un « Je le promets » sobre et clair… et une émotion qui se lisait dans les regards, à commencer par le sien.

Car Lionel n’a pas simplement reçu un grade : il a franchi un cap. Dix ans plus tôt, il entrait à la CGN comme batelier saisonnier, « pour souffler un peu » après son travail dans le social. Six mois de pause se sont transformés en onze années de navigation et d’engagement. « Je me souviens de l’assermentation de Marco, il y a dix ans. Je m’étais dit : un jour, ce sera moi. »

Cette ascension, Lionel ne la doit ni au hasard ni au confort. Elle est faite d’apprentissage, de sérieux, de centaines d’heures sur le pont, et d’un rapport au métier qui dépasse la technique. Ceux qui ont navigué ou milité avec lui le savent : Lionel met autant d’énergie dans la défense collective que dans la manœuvre d’un bateau. Très vite après l’obtention de son contrat fixe, il s’est engagé au SEV. « Pas folle la guêpe ! », a glissé avec humour son directeur. Et ce n’est pas un hasard si son comité a ensuite traversé des batailles importantes, du renouvellement de la CCT au nouveau système salarial.

Sa présidence de section a marqué les collègues. Droit, franc, parfois « avec la tête dure », dit-on affectueusement, mais toujours tourné vers l’horizon commun. Jamais vers lui-même. « Être au service des autres, au service d’un idéal », a rappelé le président du CA.

La cérémonie d’assermentation a réuni collègues, proches et camarades du SEV. Moment joyeux et familial aussi. L’un a rappelé son surnom – « SimMousse ! » –, un autre son goût pour la bière, le whisky et les légendes arthuriennes. L’ambiance était à l’image du personnage : chaleureuse, un peu espiègle, profondément humaine. Quand la préfète a prononcé les mots consacrés, Lionel a serré les dents, puis souri. « C’est un aboutissement. Je veux être digne de ce rôle », confiait-il. Pour celui qui a grandi dans un quartier populaire de Genève, devenir capitaine n’était pas un rêve d’enfant, mais il en porte aujourd’hui la responsabilité avec fierté.

Être capitaine et syndicaliste, pour Lionel, ces deux vocations s’alignent naturellement. Il en est la preuve vivante : un capitaine peut tenir le cap… et le cap syndical.

Yves Sancey
yves

 

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