Conférence CCT CFF/CFF Cargo du 9 mai 2018
CCT CFF/CFF Cargo:«On ne lâchera rien!»
La Conférence CCT CFF/CFF Cargo a siégé le 9mai alors que les négociations CCT reprennent ce jeudi 17 mai. Et alors que les positions des deux parties sont toujours (très) éloignées.

« Nous voulons être justement payés et reconnus pour ce que nous faisons pour les CFF ! » Tonnerre d’applaudissements. « L’arrogance des CFF est telle que c’est à eux désormais de venir avec des propositions pour sortir de l’impasse. » Tonnerre d’applaudissements.
L’atmosphère n’a pas bougé d’un iota depuis le début des négociations CCT CFF. Le personnel ne digère pas le démantèlement de la Convention collective de travail souhaité par la direction des CFF. Rappelons brièvement qu’il se résume à davantage de productivité, moins de salaire et de vacances, et une volonté de faciliter les licenciements …
De son côté la communauté de négociations du personnel veut une meilleure protection de la santé en lien avec les nouvelles formes de travail liées à la numérisation et une meilleure progression salariale.
Quelle suite ?
Alors quelles pistes pour la suite ? «Nous devons rester fermes ! », « Montrons davantage les crocs ! », « On ne doit rien lâcher et on ne lâchera rien ! ». Limpide ?
Malgré tout, la conférence a confirmé sa volonté de négociation. « Parfois, il est important de mettre les émotions de côté », a glissé un délégué. Elle a donc donné mandat à la délégation du SEV de tenter de trouver des solutions. « Nous sommes actuellement en discussions et pour l’instant on ne voit pas où il y aurait une marge de manœuvre pour essayer de trouver une issue », a martelé Manuel Avallone, vice-président du SEV, à la tête de la communauté de négociation.
Et le président Giorgio Tuti de rappeler qu’au final « c’est vous, ici, qui déciderez de la suite, selon qu’il y ait un résultat de négociations ou non ! »
En attendant, Giorgio Tuti réitère la nécessité de se mobiliser pour cette CCT. La balle est désormais dans le camp de la direction des CFF.
Premier verdict le 17 mai lors de la prochaine ronde de négociations.
Vivian Bologna
La clientèle des CFF moins satisfaite
Dans le contexte des négociations CCT CFF/CFF Cargo, il n’est pas inutile de tisser des liens entre la volonté de dégradation de la direction et la baisse de qualité des services constatée par les usagers.
On sait les usagers et les usagères des CFF critiques depuis des années avec l’ex-régie fédérale. La diection des CFF ne cesse pour autant de vanter la qualité des services qu’elle offre. Le journal des consommateurs alémaniques – Ktipp – a fait réaliser récemment un sondage représentatif par l’institut GfK. Le principal point positif c’est la gentillesse et la serviabilité du personnel qui est bien noté. Cela devrait faire réfléchir la direction des CFF qui dit combien elle tient à son personnel. Après les paroles les actes ?
Les résultats confortent aussi la vision du SEV qui critique les suppressions d’emploi, les rationalisations et les diminutions de prestations du personnel.
Dans le détail, le sondage de Ktipp est particulièrement sévère avec la propreté. Celle des WC notamment est jugée insuffisante par 41% des sondé-e-s. Ce chiffre n’était que de 33% lors du dernier sondage effectué par Ktipp en 2012. « Ces chiffres ne sont pas une surprise, critique Jürg Hurni, le secrétaire syndical SEV qui suit les collègues de ZBS. Car le temps qu’ils ont à disposition pour effectuer leurs tâches en constante baisse. »
Le deuxième enseignement négatif est à chercher dans le long temps d’attente aux guichets. Certains usagers et usagères en manquent parfois leur train. La diminution des heures d’ouverture des guichets est aussi pointée du doigt. « Il ne suffit pas de pousser les usagers vers les automates pour améliorer le service, critique Jürg Hurni. Il y a un réel besoin de prestations de qualité aux guichets. Le personnel de la vente fait d’ailleurs de son mieux alors qu’il est extrêmement sous pression. Et chaque année, les CFF diminutent le nombre de points de vente. Il faut arrêter cette technique du salami. »
La palme de la plus mauvaise note revient à la politique de prix des CFF, malgré les billets dégriffés qui ne sont toutefois accessibles qu’en ligne et pour ceux qui planifient leur voyage avec de l’avance. Et dans ce contexte, il faut aussi relever la mauvaise note du rapport prix/prestations. Comment peut-on en être surpris lorsque les prix augmentent et les prestations baissent ?
Dans ce contexte, vouloir dégrader les conditions de travail et salariales du personnel ne peut qu’avoir des conséquences négatives sur la satisfaction des usagers.
vbo
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