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Collaboration entre les CFF et Uber

La pression sur les CFF a payé

Grâce à la pression du SEV, d’Unia et de syndicom, les CFF suspendent la collaboration envisagée avec Uber. Les syndicats avaient dénoncé les agissements de ce géant américain qui bafoue systématiquement les lois suisses. Entretien avec le président du SEV Giorgio Tuti, qui analyse ce succès.

Le 4 avril, Giorgio Tuti et des militants du SEV, d’Unia et de syndicom avaient manifesté devant le siège des CFF, au Wankdorf.

Giorgio, comment juges-tu le travail intersyndical effectué dans le dossier Uber ?

Tout d’abord, il me tient à cœur de souligner l’importance de ce résultat. Les CFF ont gelé leur projet avec Uber suite à la mobilisation des syndicats concernés par la multinationale américaine dans leurs champs d’action syndicale: Unia en raison des taxis, le SEV et syndicom en tant que partenaires sociaux des CFF et de CarPostal.

Nous avons travaillé main dans la main dans ce dossier et l’union des forces a amené à ce succès. Nous avons montré une excellente détermination qui s’est traduite par une action remarquée devant le siège des CFF début avril. Il n’était pas acceptable que notre principal partenaire social collabore avec Uber, dont le modèle d’affaires consiste à contourner les lois. Faut-il rappeler que Uber ne verse pas de cotisations aux assurances sociales pour ses employé-e-s, ne paie pas la TVA et encourage le travail au noir ? Ce succès n’est toutefois qu’une étape. CarPostal n’a pas encore abandonné sa collaboration avec le géant US.

CarPostal ne semble pas vouloir stopper sa collaboration avec Uber, alors que le Conseil fédéral a pris clairement position contre les pratiques d’Uber. Que penses-tu de l’attitude de CarPostal ?

On a une entreprise – CarPostal Suisse SA – qui appartient à La Poste, donc à la Confédération! Et cette entreprise n’entend pas suivre la position du Conseil fédéral qui a été très clair en mars, en réponse à une interpellation de notre secrétaire syndicale et conseillère nationale Edith Graf-Litscher: les entreprises appartenant à la Confédération et leurs partenaires doivent se conformer aux prescriptions légales. En poursuivant sa coopération avec Uber, la Poste se rendrait complice d’infractions quotidiennes à la loi !

Dans ce dossier, on constate que les défenseurs d’Uber sont aussi ceux qui soutiennent les bus longue distance. Tu n’es évidemment pas surpris …

Non, sur le plan politique, ce sont toujours les mêmes personnes qui défendent le libéralisme à outrance. Par pure idéologie. Pour elles, moins il y a de règles, mieux c’est. Les dégâts pour le système ferroviaire ou le respect des conditions de travail et salariales du personnel n’entrent même pas une seconde dans leurs réflexions.

Dans ce contexte, comment va se poursuivre l’action du SEV contre ce vent de dérégulation ?

Nous restons très attentifs à toute volonté politique visant une ouverture du marché et effectuerons le travail de lobbyisme nécessaire le cas échéant. Et évidemment, sur le plan syndical, nous planifierons des actions pour dénoncer toute attaque au système des transports suisse. Il en va de la défense des intérêts de nos membres et du service public.

Vivian Bologna

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