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Plus de 200 participants à la journée « Des services publics forts pour une Suisse performante »

« Les services publics, synonymes d’une certaine qualité de vie »

De nombreux syndicalistes ont débattu de l’avenir du service public lors d’une journée organisée par l’USS, le 27 février à Berne.

De gauche à droite: Sabine Trier, ETF, Dore Heim, USS, Giorgio Tuti, président SEV lors de la journée de l’USS.

Les services publics sont sous pression. Les grands prêcheurs de la libéralisation veulent à tout prix privatiser les prestations qui génèrent du bénéfice et abandonner les autres à leur mort certaine, en économisant à fond. Mais ces prestations des services publics et les infrastructures correspondantes sont un pilier essentiel de la cohésion sociale de notre pays.

Les syndicats du personnel des services publics (SEV, ssp, APC, syndicom et garaNto) ont organisé une journée dédiée à cette problématique sous l’égide de l’USS. Ruth Lüthi, ancienne conseillère d’Etat fribourgeoise, s’est exprimée sur « pourquoi avons-nous besoin de services publics forts? » tandis que Andres Frick, économiste, a fait un exposé sur « favorable à la population ou non? La concurrence dans les services publics ». Ruth Lüthi a souligné que les critiques faites au service public sont infondées dans la plupart des cas. Elle a affirmé au contraire que « les services publics vont de pair avec la qualité de vie ». Frick a rappelé la théorie économique concernant la concurrence dans les services publics, de façon vulgarisée et dynamique, en prenant quelques exemples, positifs et négatifs, afin de bien montrer où une privatisation peut être entreprise et où ce n’est pas le cas.

Et hors de nos frontières?

Jan Willem Goudriaan, le secrétaire général adjoint de la FSESP (Fédération syndicale européenne des services publics), a parlé notamment de la première initiative citoyenne européenne déposée sous le titre: « L’eau est un droit humain ! ».

Hanspeter Uster, ancien conseiller d’Etat zougois, a parlé de la sécurité intérieure, Stefan Giger, secrétaire général du ssp, s’est exprimé sur le secteur de la santé et Alain Carrupt, président de syndicom, sur la pression sur les coûts de la desserte de base de la Poste. Katharina Prelicz- Huber, présidente du ssp, a quant à elle fait un exposé sur notre système de formation.

Zoom sur les transports publics

Les nombreux membres SEV présents ont particulièrement apprécié les trois exposés sur les transports publics. Claude Hêche, conseiller aux Etats jurassien et président d’Ouestrail, s’est exprimé sur les objectifs stratégiques assignés aux entreprises de la Confédération, en prenant comme exemple les CFF. Le Conseil fédéral et le Parlement définissent ensemble les objectifs des entreprises ainsi que l’orientation stratégique: les objectifs financiers, ceux au niveau des ressources humaines et ceux liés aux collaborations, notamment. Alors surviennent parfois des conflits d’intérêts, lorsque desserte de base, politique tarifaire et objectifs financiers s’entremêlent.

Contre le paquet ferroviaire

Sabine Trier, secrétaire générale adjointe de l’ETF (Fédération européenne des travailleurs des transports) a parlé du 4e paquet ferroviaire de l’UE. Elle a tiré un bilan négatif de ce projet, contre lequel plus de 3 000 cheminots issus de 17 pays différents ont manifesté il y a dix jours à Strasbourg. En raisons d’arguments idéologiques, les chemins de fer « nationaux » devraient être remis en question, sans considérer les coûts inhérents et les conséquences négatives.

Comme Sabine Trier l’a fait remarquer, les coûts ont augmenté de 30 % en Grande- Bretagne et maintenant 500 collaborateurs se débrouillent seuls et assument la responsabilité des retards ! « La Suisse est le meilleur exemple pour démontrer la stupidité d’une telle idéologie ! » a affirmé Sabine Trier. Giorgio Tuti, président SEV, s’est exprimé sur le thème de la concurrence dans les transports publics, du point de vue des Suisses. Il fait remarquer que la libéralisation est déjà avancée en Suisse: « La Suisse est une élève modèle », a-t-il affirmé. Il ne faut surtout pas aller plus loin, afin de garantir suffisamment de personnel, bien formé et payé décemment pour les entreprises de transports publics et afin d’empêcher le dumping salarial et les suppressions d’emplois. Au lieu de cela, il a demandé une collaboration de toutes les parties concernées, un entretien du réseau conséquent et des conventions collectives de force obligatoire comme clés du succès. Les participants à la journée ont débattu ensuite d’une pétition, qui réunit leurs revendications.

Quelques-uns auraient souhaité des formulations un peu plus vindicatives, mais la majorité a choisi. Ce n’est cependant pas la fin du débat, plutôt un début. L’USS va établir un dossier avec les exposés de la journée, qui sera mis à disposition dans trois semaines environ. Le sujet sera aussi repris lors du congrès de l’USS en automne prochain.

pan/Hes

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