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Bilan des négociations entre le SEV et RATP Dev (sous-traitant TPG) à la CRCT

Modestes avancées chez RATP Dev

Suite à une menace de grève en mars et la saisie d’une instance de médiation, RATP Dev s’est engagé en mai à des améliorations des conditions de travail. Encore bien modestes jugent les conducteurs.

Pour Pierre Delias, délégué syndical du sous-traitant tpg RATP Dev, les avancées donnent de l’espoir mais restent encore modestes.

Depuis le dernier changement d’horaire, les conditions de travail des conducteurs de l’entreprise sous-traitante des Transports publics genevois (TPG), RATP Dev, se sont dégradées. La soixantaine de salariés de l’entreprise réclame des horaires de travail moins contraignants (une amplitude de journée de travail de dix heures au maximum, contre treize actuellement), des primes pour les repas, des salaires alignés sur ceux des TPG et des lieux de pause munis de toilettes. Ces horaires à rallonge provoquent une fatigue accrue, une mise en danger de leur santé et de la sécurité des usagers. Exaspérés, les chauffeurs de la filiale suisse de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) avaient déposé un préavis de grève en mars. La Chambre des relations collectives de travail (CRCT) avait été saisie. Suite à plusieurs séances de négociation, le SEV et la RATP Dev ont trouvé des arbitrages le 14 mai dernier. Le Directeur du sous-traitant s’est engagé à «appliquer les horaires avec la réduction des grandes amplitudes», à «revoir à la hausse les conditions d’attribution» des primes de repas et à embaucher 2 à 3 conducteurs en plus des 3prévus pour une nouvelle ligne. Un local de pause digne de ce nom a aussi été obtenu. Les principales revendications ne débouchent donc pas sur une réponse précise mais sur des engagements de principe.

Principale revendication, l’alignement sur les salaires TPG a été renvoyé à la renégociation de la CCT avec le GEST, le Groupement des entreprises sous-traitantes des TPG comprenant RATP Dev, Globe Limo et Genève-Tours. Que pensent les chauffeurs RATP Dev de ces améliorations des conditions de travail? Le point avec leur délégué syndical au SEV.

Quel bilan tirez-vous de votre lutte?

Pierre Delias: Les avancées sont modestes et je suis forcément un peu déçu du résultat car nous sommes loin d’avoir obtenu ce que nous demandions. Et nous avons le sentiment d’avoir un peu perdu notre temps. Le local, cela fait longtemps que nous aurions dû l’avoir. Le nôtre était un champ de ruine. Notre directeur s’est néanmoins engagé à renégocier la CCT dans le bon sens. Les avancées sont un début et donnent de l’espoir. La présence massive des collègues à l’assemblée de présentation des résultats la semaine passée est encourageante pour la suite.

Justement, comment voyez-vous la suite ?

On attend avec impatience septembre. La lutte n’est pas terminée car il y aura une réunion entre le GEST et les syndicats SEV et Sit. Cette lutte a bousculé cette négociation avec déjà deux réunions. Le GEST donnera sa réponse en septembre sur les revendications syndicales, notamment sur l’ancienneté qui est particulièrement chiche puisqu’il s’agit d’une augmentation de 100 francs tous les cinq ans. La question des primes de repas reste ouverte Nous avons des pauses à midi juste trop longues pour pouvoir en bénéficier et cela pèse à la fin du mois sur nos salaires modestes. Nous serons aussi très attentifs aux réponses sur les conditions de travail. Nous voulons des services qui comportent des amplitudes moins grandes et des coupures (tours de repos entre deux services) plus longues pour nous permettre de récupérer.

Un nouveau mouvement de grève est-il envisageable ?

Les collègues vont laisser passer l’été après ces mois de lutte. Mais si le résultat en septembre n’est pas satisfaisant, une majorité déterminée est prête à repartir. Une assemblée se prononcera. Il y a eu des mesures d’intimidation, mais la solidarité l’emporte sur les peurs qui existent.

Yves Sancey

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