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Lettre ouverte au conseil fédéral

Aviation: «La quarantaine» péjore la crise

Le 11 septembre les employé-e-s des aéroports de Zurich et Genève avaient manifesté pour leur emploi et les conditions de travail.

Les syndicats et associations de personnel ont écrit au Conseil fédéral pour lui demander de reconsidérer le système de quarantaine helvétique.

«Les dispositions actuelles sont clairement un désavantage pour l’aviation et mettent inutilement en danger des dizaines de milliers d’emplois», relève Philipp Hadorn, président de SEV-GATA.

Alors que dans les pays voisins, l’obligation de quarantaine est levée après un test corona négatif à l’entrée, dans notre pays, toute personne entrant d’une zone à risque doit être mise en quarantaine pendant dix jours. «En tant que syndicats et associations du personnel, nous n’avons pas la prétention de juger quelles mesures sont efficaces et nécessaires pour protéger les passagers et les employés», précise Philipp Hadorn dans la lettre ouverte. Mais l’inégalité de traitement dans les différents pays et par rapport à d’autres formes de mobilité place clairement l’aviation suisse dans une situation de désavantage concurrentiel et aggrave encore la crise. Le Conseil fédéral est donc instamment prié de collaborer rapidement avec les pays européens pour mettre en place un «système de test et de quarantaine» approprié et aussi uniforme que possible.

Dans une lettre ouverte, les syndicats et les associations du personnel demandent également des mesures de soutien supplémentaires si l’aviation tarde à se remettre de la crise. «Il est important d’examiner en temps utile s’il est judicieux de prolonger le chômage partiel dans l’industrie», explique M. Hadorn. Sinon, les entreprises risquent de devoir licencier prématurément du personnel dont elles seront à nouveau dépendantes dès que le secteur se sera remis de la crise. «Pour l’industrie aéronautique, la poursuite du chômage partiel basée sur les besoins et l’efficacité est une option, en particulier pour pouvoir conserver à long terme les employés ‹qualifiés› pour l’industrie aéronautique», déclare M. Hadorn.

La crise a déjà un impact dramatique sur les salaires - malgré les indemnités de chômage partiel. Cette mesure est d’autant plus dure pour les salariés avec des bas salaires. C’est pourquoi les représentants du personnel exigent que le remboursement des prêts ne soit pas une menace pour de nombreux employés. En outre, la sécurité de l’emploi devrait faire partie des conditions des contrats de prêt, conformément aux conventions collectives de travail.

Le Conseil fédéral devrait également examiner comment la formation de base dans les différents secteurs peut être adaptée afin de mieux faire face aux fluctuations. Philipp Hadorn pense ici, par exemple, à une formation de base commune pour les mécaniciens de locomotive et les pilotes, qui pourrait ensuite se conclure par une spécialisation pour le rail ou l’aviation. «De cette manière, la demande dans les deux professions pourrait être satisfaite avec plus de souplesse.»

Elisa Lanthaler

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