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Angle droit

La galère du retour de vacances

Les voilà enfin, les plus beaux jours de l’année : le soleil et le sable fin, ou les sommets alpins et les vallées verdoyantes. Ou encore les villes, l’art, la culture et le shopping. Et surtout, surtout, ne faire que ce qu’on a envie de faire. Hélas, ils passent tout aussi vite, et bientôt il n’en reste que des souvenirs qu’on emporte avec soi à son travail quotidien.

Maria vient de rentrer de vacances, la peau toute dorée par les caresses du soleil. Mais après deux heures de travail, elle aurait déjà bien besoin de se remettre au vert. Durant les trois semaines où elle était absente, le travail s’est en effet accumulé sur son bureau, la boîte de réception de ses courriels est pleine à craquer, sans parler de la case postale qui déborde. Au bord des larmes, elle explique à son chef que ça ne peut pas continuer ainsi. Pour les prochaines vacances, il va falloir prendre des dispositions.

Lorsque le travail prend du retard ou qu’il n’y a personne sur place pour répondre aux clients, une absence devient parfois un vrai problème, car des décisions doivent être prises, des délais doivent être respectés. Dès lors la question mérite d’être posée : existe-t-il un droit à être remplacé ?

Le droit admet le remplacement là où le travail peut tout aussi bien être effectué par une autre personne, mais où la responsabilité reste celle du mandant. On fait la distinction entre remplacement direct et indirect. Dans le droit du travail, il est stipulé que tout employé est en principe tenu d’effectuer en personne les tâches qui lui sont confiées. Ce point exclut donc l’engagement d’un remplaçant. D’un autre côté, l’employeur est tenu d’organiser son entreprise de telle sorte que les travaux puissent y être effectués durant le temps de travail normal. Pour le bien de l’entreprise, il est donc parfois judicieux d’introduire un remplacement.

Dans son propre intérêt, l’employeur serait donc bien avisé d’introduire des dispositions pour le remplacement de ses collaborateurs partout où les travaux doivent être effectués in time, où les clients s’attendent à trouver un interlocuteur en permanence, et où les délais doivent être respectés. Par ailleurs, les employés ont droit à leurs vacances. Leur absence doit donc être comblée. Du coup, là où il n’y a pas encore de réglementation allant dans ce sens, il vaut la peine d’aborder le sujet au sein de l’équipe et avec la hiérarchie. Moins dans l’intérêt de l’employé que dans celui de l’entreprise.

Le droit de retrouver un bureau qui ne croule pas sous les dossiers n’existe donc que dans les entreprises qui ont introduit des dispositions pour le remplacement des employés absents. Mais dans les autres cas de figure, il devrait être possible, après concertation avec la hiérarchie, de confier à un remplaçant au moins les travaux les plus importants ou qui sont soumis à des échéances. Pour le reste, il n’est pas interdit de s’organiser personnellement pour que la « corvée des vacances » ne prenne pas des dimensions disproportionnées.

Comme dans beaucoup d’autres domaines de la vie professionnelle au quotidien, tout dépend des rapports de travail dans l’entreprise, raison pour laquelle l’équipe des ressources humaines pourra, le cas échéant, fournir une aide précieuse.

L'équipe de la protection juridique

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