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Barbara Spalinger: «On peut s’attendre à un 2e semestre tendu aux CFF»

Barbara Spalinger: "Die anstehenden Verhandlungen für die Weiterentwicklung des Lohnsystems werden nun auch mit einer Verhandlung über weitere Sparmassnahmen verknüpft."

Après la pause estivale, les défis du SEV aux CFF seront nombreux et de taille. La vice-présidente du SEV Barbara Spalinger, en charge des dossiers CFF, aborde les sujets brûlants: nouveau système salarial, avenir de CFF Cargo et processus de consultation des syndicats. Interview.

Barbara, le SEV a eu une séance avec la direction des CFF et de CFF Cargo. L’été sera chaud?

Oui, on peut s’attendre à un deuxième semestre tendu. La crise sanitaire a profondément modifié la donne. L’annonce des près de 500 millions de bénéfices des CFF de 2019 est bien loin. Les CFF ont annoncé pendant la crise vouloir faire un programme d’économies. lls estiment avoir perdu 10 millions de francs par jour pendant la crise et comme ils n’ont pas le droit au chômage partiel, le manque de liquidités commence à se faire sentir.

Des économies... As-tu obtenu des informations plus précises?

Oui, certaines mesures sont déjà en vigueur, comme le gel des embauches et le report du pourvoi des postes vacants. Heureusement, pas dans l’exploitation ni la production, mais dans l’administration. Nous allons rester très attentifs. Le personnel administratif est également très important pour la qualité des prestations! Et les négociations pour le développement du système salarial seront désormais liées aux négociations portant sur d’autres économies.

Est-ce bien raisonnable de négocier dans un tel contexte?

C’est en effet très problématique. Lorsque Valida a dû être renfloué, les CFF se sont engagés financièrement à condition que nous arrivions à un accord sur le nouveau système salarial. Mais c’était avant la crise. La donne a changé de manière claire et significative.

Mais certaines conditions de base restent inchangées, comme la situation tendue en matière de personnel, les 10 000 emplois qui devront être repourvus dans les prochaines années en raison des départs à la retraite et la pénurie de travailleurs qualifiés.

Ce défi ne sera pas plus mince avec un contexte financier difficile. Les CFF ont déclaré vouloir trouver des solutions intelligentes. Nous verrons ce que cela signifie, mais je suis sceptique. En août, ils préciseront leurs idées, que nous devrons discuter lors de la conférence CCT afin d’obtenir un mandat de négociation.

A part le système salarial, quel autre dossier est à suivre de près?

L’autre grand chantier, c’est le dossier de CFF Cargo. Lors des dernières négociations CCT, les CFF avaient déjà annoncé vouloir discuter de conditions spéciales pour CFF Cargo. On parle d’une plus grande flexibilité. Les détails nous parviendront en août, mais ce qui est déjà clair, c’est que les conditions de travail sont remises en question dans une mesure jamais atteinte auparavant. Après 20 ans où les réorgnaisations se sont succédé sans qu’on ne voie aucune amélioration, quelques questions de principe se posent déjà. Cargo veut maintenant des règles spécifiques sur le temps de travail durant la crise. Cela ne favorise pas la confiance.

D’autant plus que Cargo semble avoir bien fonctionné pendant la crise...

Leurs chiffres sont meilleurs qu’en janvier et février. Mais cela signifie que les problèmes de Cargo sont plus profonds. On assiste à un changement culturel, lié aussi aux nouveaux actionnaires minoritaires. Si au moins nous pouvions être sûrs qu’ils arrivent à redresser Cargo, mais il y a de quoi être dubitatif. Et il est certain que cela ne peut pas être réalisé simplement en rendant les conditions de travail plus flexibles et moins favorables. En tout cas, nous résisterons à l’idée que le personnel en paie le prix sans que l’on voie la lumière au bout du tunnel.

Y a-t-il tout de même du positif dans les relations avec les CFF?

Le retour à leur activité principale - l’exploitation ferroviaire - est un signal positif. On peut aussi saluer que les CFF aient compris que notre rôle puisse leur être utile lors de réorganisations. Les réorganisations sont des décisions d’entreprise sur lesquelles les syndicats n’ont pas grand-chose à dire. Suite à la grève Bellinzone, on s’est mis d’accord sur une procédure de consultation que les CFF ont traitée comme un exercice obligatoire ennuyeux. Bien que nous ayons pu exprimer notre avis sur les réorganisations, celui-ci n’a pratiquement jamais été pris au sérieux, aussi avons-nous sérieusement envisagé de mettre fin à cet accord.

Dans l’intervalle, les CFF ont également réalisé que nombre de nos objections étaient justifiées, c’est pourquoi nous nous sommes assis pour discuter de la procédure. Il en résulte que nous adopterons un autre rôle qu’aujourd’hui, afin d’apporter une plus-value dans les discussions.

Vivian Bologna
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