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Assemblée des délégués de l’USS

Initiative pour une 13e rente AVS

Les délégué-e-s de l’USS se sont engagé-e-s pour renforcer l’AVS.

Les délégué-e-s de l’Union syndicale suisse (USS) ont pris des décisions importantes lors de leur assemblée du 15 novembre dernier, en faveur d’un renforcement durable de l’AVS et pour faire progresser l’égalité pour les femmes. Les près de 100 syndicalistes ont aussi décidé de soutenir la grève pour le climat et d’exiger des mesures socialement équilibrées contre le changement climatique.

Au cours d’un débat intense, les délégué-e-s ont abordé l’initiative populaire pour une 13e rente AVS. «Avec cette initiative, nous faisons une proposition concrète et facile à mettre en œuvre afin de contrer les baisses de rentes du 2e pilier. Nous n’exigeons rien d’autre que de se rapprocher de l’objectif constitutionnel selon lequel l’AVS doit assurer les besoins de base», a déclaré le président de l’USS Pierre-Yves Maillard.

L’initiative est la réponse des syndicats au problème qui se fait de plus en plus ressentir au niveau des rentes. Car les rentes des caisses de pensions baissent d’année en année bien que les salarié-e-s paient souvent plus de cotisations. «La moitié des personnes qui sont parties à la retraite en 2017 doivent s’en sortir avec moins de 3600 francs par mois, avec l’AVS et la rente de la caisse de pensions», a expliqué la secrétaire centrale de l’USS Gabriela Medici. La situation des rentes est particulièrement problématique pour les femmes: pour autant qu’elles touchent une rente du 2e pilier, celle-ci est en moyenne moitié moins élevée que celle des hommes. Et Gabriela Medici d’ajouter qu’une amélioration de l’AVS est dès lors d’une importance existentielle: «C’est la seule assurance sociale qui prend en compte, dans le calcul de la rente, le travail de soins et d’assistance non rémunéré.»

Gabriela Medici

C’est pourquoi il faut une 13e rente AVS, de même qu’il existe un 13e salaire. L’initiative est «simple mais elle fait mouche»: elle demande le versement d’une rente de vieillesse supplémentaire, du même montant que la rente AVS perçue chaque mois. Cela correspond à une hausse mensuelle des rentes de 8,33%. En raison du caractère compensatoire de l’AVS, ce sont les bas et moyens revenus qui en profiteront le plus, et Gabriela Medici a donné un exemple à ce propos: «Une famille composée d’un conducteur de tram, d’une vendeuse à la Coop à temps partiel et d’un enfant toucherait grâce à l’initiative 300 francs de plus par mois en rente AVS.» L’initiative prévoit en outre que les bénéficiaires de prestations complémentaires profitent également de la 13e rente.

Contenir la privatisation

«Si l’on ne renforce pas le 1er pilier, nous assisterons à une privatisation rampante de la prévoyance vieillesse à travers l’expansion du 3e pilier, ce qui mènera à une désolidarisation de la prévoyance vieillesse,» a évoqué pour sa part Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS. «Ceux qui peuvent se le permettre verseront plus dans leur 3e pilier. Les autres resteront en rade – car les rentes continueront de baisser.» Seules les personnes bien payées profiteront d’une telle privatisation, ainsi que les banques et les assurances.

Les délégué-e-s ont décidé par une grande majorité de lancer l’initiative telle qu’elle avait été proposée en début d’année par le comité de l’USS, rejetant ainsi la variante du SSP. Celle-ci voulait une augmentation de l’ensemble du 1er pilier, donc AI inclue. Indépendamment de la variante choisie, les délégué-e-s étaient tous d’accord dans leurs prises de parole sur l’importance de contrer de manière concrète les discussions sur une hausse de l’âge de la retraite et le démantèlement des prestations. «La discussion sur la hausse de l’âge de la retraite pour les femmes peu de temps après la grève des femmes* est hallucinante, malhonnête et cynique», s’est emportée la présidente d’Unia Vania Alleva. De toute façon, la polémique sur les rentes n’est pas rapportée correctement par les médias. Car la question n’est pas de savoir combien d’argent il faut pour l’AVS mais de quelles prestations les gens ont besoin, s’agissant de leurs rentes. «Par cette initiative nous nous donnons les moyens de discuter enfin de ce que signifie réellement de devoir vivre avec une rente plus basse.» Le président VPT Gilbert d’Alessandro a clairement établi que les rentes en constante baisse et l’insécurité des caisses de pensions causent beaucoup de soucis parmi les membres. «Il est impératif de renforcer l’AVS. C’est le bon moment car nous avons l’argent: il dort dans les banques.»

Utiliser les bénéfices de la BNS

Les délégué-e-s de l’USS ont par ailleurs décidé que les bénéfices de la Banque nationale suisse doivent être mis à contribution pour financer l’AVS. Il s’agira d’œuvrer au Parlement afin de rallier des majorités en faveur de cette idée. Si la voie parlementaire devait échouer, l’USS examinera le lancement éventuel d’une initiative sur ce sujet.

Elisa Lanthaler/ USS

Véritable égalité des chances

Plus d’un demi million de personnes ont participé le 14 juin à la grève des femmes*. Ce mouvement doit maintenant être concrétisé. Les délégué-e-s de l’USS se sont clairement exprimé-e-s en faveur de l’élaboration d’un programme d’action. «Celui-ci doit se concentrer sur le coeur du problème: il faut améliorer la situation dans les domaines de la garde d’enfants, des soins et de l’assistance», a déclaré la secrétaire centrale USS en charge du dossier Regula Bühlmann. Ce travail est en majorité assumé par des femmes. Une véritable égalité des chances pour les femmes dans le monde du travail n’est possible que si des «services de garde de qualité, dans le cadre du service public, sont accessibles à tout le monde à un prix raisonnable», lit-on dans le texte adopté. De plus, la responsabilité de la prise en charge des enfants et des adultes qui en ont besoin doit être répartie à parts égales entres hommes et femmes. Pour l’USS, il est par ailleurs indispensable que le travail de garde, de soins et d’assistance soit globalement revalorisé. Il faut en outre que les conditions de travail et les salaires s’améliorent dans les professions concernées.

On participe au mouvement climatique

Les délégué-e-s de l’USS ont conclu l’assemblée par un débat sur le changement climatique. «Ceci est urgent, et la jeunesse pour le climat nous a montré de quoi elle pouvait être capable», a déclaré la secrétaire centrale de l’USS Dore Heim. Les délégué-e-s ont adopté une résolution pour une participation syndicale au mouvement climatique. La population ressent déjà les conséquences des changements climatiques, particulièrement les salarié-e-s de la construction, de l’agriculture, des transports ainsi que dans le domaine des soins et de l’assistance. Une Suisse climatiquement neutre est technologiquement et économiquement possible si la main publique et les employeurs sont prêts à réaliser certains investissements. Les syndicalistes soulignent que pour cela, des mesures socialement supportables sont nécessaires. Les revenus de la population sont aujourd’hui fortement marqués par les coûts de la santé croissants et les loyers élevés. «La réduction des gaz à effet de serre doit par conséquent se faire davantage à travers des prescriptions techniques et des objectifs plus exigeants en matière d’émissions. Les taxes supplémentaires doivent être intégralement redistribuées. La Confédération doit financer d’éventuels programmes d’encouragement avec ses ressources générales. Car seule une large acceptation dans la population garantira que nous avancerons rapidement.»

L’USS et ses syndicats appellent les membres à s’impliquer sur les lieux de travail le 15 mai prochain en faveur de la protection du climat, et à faire une grève d’avertissement d’une heure ou une action pendant le temps de travail.

Commentaires

  • Meier Reto

    Meier Reto22/11/2019 09:31:14

    ich bin für eine 13.AHV-Rente

  • Martinez Jose

    Martinez Jose02/12/2019 03:19:34

    Le plus correct serai d'augmenter les rentes !

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