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Négociations salariales 2017 dans les ETC romandes

Variations sur le même ton

Les négociations salariales 2017 se sont déroulées dans un contexte économique difficile et les résultats s’en ressentent, forcément, un peu partout en Suisse romande.

Pas de grandes augmentations de salaire pour 2017, au grand dam des employé-e-s des transports publics romands, qui voient notamment leurs primes de caisse-maladie prendre une nouvelle fois l’ascenseur.

Dans toutes les entreprises de transport concessionnaires, la progression automatique selon le système salarial est garantie pour 2017. «Ces augmentations représentent à peu près 0,5 à 1% de masse salariale en plus dans les entreprises», explique Christian Fankhauser, secrétaire syndical SEV. En charge de plusieurs ETC romandes, il indique que des augmentations salariales supplémentaires ont été difficiles à obtenir et que les délégations ont souvent axé leurs négociations sur l’amélioration de la qualité des tours de service. Il informe avoir suivi deux fils rouges lors des négociations menées dans les entreprises de bus: d’une part, des amplitudes qui soient les plus courtes possibles, dans la lignée de la campagne «10 heures, ça suffit!». D’autre part, une valeur minimale par jour dans les tours de service située à 410 minutes (durée variable selon les entreprises, puisque cela dépend du nombre d’heures hebdomadaires à effectuer). Cette valeur doit en effet correspondre au minimum à la moyenne théorique journalière, afin que les employé-e-s ne perdent pas de minutes lors de certains tours.

Tour d’horizon vaudois

Aux TPN-NStCM (transports publics de Nyon et le Nyon-St-Cergue-Morez), la section SEV a toutefois obtenu, et c’est à relever puisque c’est la seule entreprise du canton qui l’octroie, une augmentation de 40 francs pour tous en 2017 et 50 francs en 2018. Les employé-e-s de cette entreprise reçoivent donc la progression salariale automatique et une revalorisation des salaires sur deux ans.

Aux tl (transports publics de la région lausannoise), pas de négociations salariales puis-que la compensation au renchérissement est automatique et notée dans la CCT. Les employé-e-s reçoivent en revanche une prime au cours du printemps selon les résultats globaux de l’entreprise. En 2016, cette prime s’élevait à 1260 francs.

Aux MBC (Morges-Bière-Cossonay), un nouveau système salarial a été négocié avec un nouvel enclassement des métiers. La progression, qui se faisait anciennement sur 15 ans de manière linéaire, se fera désormais sur 20 ans, avec trois zones de progression variable. «On augmente plus vite en début de carrière, à savoir entre 0 et 7 ans de service, qu’en milieu de carrière. Ceux qui se situaient entre 8 et 15 ans de service allaient perdre de l’argent avec ce changement de système et nous avons obtenu un versement de la différence, qui se fera en une seule fois, au 1er janvier 2017», explique Christian Fankhauser.

A Travys (transports de la Vallée de Joux, d’Yverdon-les-Bains et de Sainte-Croix), seule la progression salariale a été obtenue, ainsi qu’une amélioration du temps de travail, avec un système de réserve avec bonifications.

Aux TPC (transports publics du Chablais), rien de plus que la progression salariale automatique non plus. La section a axé sur la qualité de vie au travail, en demandant des toilettes, par exemple, sur certains lieux de service.

Aux MOB-GoldenPass (Montreux Oberland bernois), idem, pas d’augmentation autre que celle automatique. Par contre, l’entreprise va injecter un montant important dans la Caisse de pension, de manière à ce que les employé-e-s n’aient plus de cotisations d’assainissement à payer.

Aux VMCV (transports publics de la Riviera vaudoise, voir contact.sev n°20), pas d’augmentation non plus, hormis celle automatique selon le système salarial.

Aux FMA (Forces Motrices de l’Avançon), l’assemblée générale des membres, prévue le 20 décembre (donc après le bouclage de ce numéro), doit encore avaliser le résultat. Pour l’instant, voici ce qui ressort des négociations: une mesure d’assainissement, à raison de 6%, ayant été imposée par la caisse de pensions, la direction a accepté de répartir ce pourcentage un peu différemment de ce qui était prévu par Profelia, ceci à la faveur des employé-e-s. La délégation syndicale a aussi réussi à obtenir trois jours de congé supplémentaires (pont de Noël). Les employé-e-s ne devront donc plus compenser par 30 minutes supplémentaires par semaine et termineront le travail plus tôt le vendredi. Pour terminer ce point de situation vaudois, la navigation sur le lac Léman, avec la CGN (Compagnie générale de navigation sur le lac Léman) qui octroie une prime de 500 francs à chaque employé-e.

Valais et Genève

A RegionAlps (transport régional valaisan), il n’y a pas eu de négociations du tout. Aux TMR (transports Martigny et Régions), le personnel a obtenu la progression salariale automatique, mais aussi une prime unique de 300 francs pour tous. Les indemnités du dimanche et jours fériés passent de 9 à 10 francs et celles de nuit passent de 6 à 7 francs. De plus, la direction s’est montrée ouverte à la négociation d’une CCT d’entreprise, ce que salue le SEV. L’idée est de mener les négociations en 2018 pour une entrée en vigueur en 2019.

Aux TPG, la compensation au renchérissement est automatique et inscrite dans les statuts: il n’y a pas de négociations salariales annuelles.

Arc jurassien

A TransN (transports publics neuchâtelois), les résultats, communiqués dans notre dernier journal, étaient jugés comme «très moyens» par le secrétaire syndical SEV Jean-Pierre Etique. Les employés des transports publics neuchâtelois ont reçu les adaptations salariales automatiques selon le système de la CCT, ainsi qu’une reconnaissance lorsqu’un employé sacrifie un dimanche ou un jour férié de repos puisqu’il recevra une indemnité de 52 francs au lieu des 26 versés jusqu’à présent.

Ces résultats «moyens» doivent être relativisés. Il faut en effet prendre en compte la situation cantonale: les enseignants neuchâtelois ont fait la grève face à une nouvelle grille salariale qui leur est très défavorable, les employé-e-s communaux de la Ville de La Chaux-de-Fonds voient leurs conditions de travail se détériorer fortement et leurs salaires diminuer, ceux du Locle également. ll était dès lors difficile d’obtenir une augmentation de salaire dans les transports publics neuchâtelois.

Dans le Jura, revirement de situation après la séance du Conseil d’administration des CJ (Chemins de fer du Jura) du 14 décembre, qui n’a pas avalisé la décision de la direction CJ d’octroyer une augmentation générale de 0,7%. Le reste est par contre accepté: les indemnités de nuit et du dimanche augmentent et passent à 7 francs, les tours de service en accompagnement du personnel apprenant donnent droit à une indemnité de 8 francs et une indemnité hivernale voit le jour, avec un montant de 200 francs pour les prestations chasse-neige. La progression salariale automatique est également avalisée.

La région fribourgeoise

Les TPF (transports publics fribourgeois) ne prévoient plus de négociations salariales annuelles avant 2020, mais les passages aux échelons salariaux supérieurs sont garantis. En 2015 en effet, la CCT en vigueur avait été prolongée jusqu’à fin 2020, et l’accord prévoyait qu’aucune négociation salariale n’aurait lieu avant cette date. Le personnel des TPF reçoit cependant une prime annuelle de 500 francs sous la forme de chèques Reka.

Henriette Schaffter

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