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Attaque au laser

Victoire pénale et civile

Roland Morard, les agressions au laser, il connaît. Ces six dernières années, il en a vécu trois dont la dernière le 25 janvier 2015 en début de soirée. Son agresseur vient d’être condamné pénalement, mais aussi à verser des prétentions civiles!

Roland Morard mime les jeunes pointant le laser sur lui.

«Je venais de repartir du terminus avec un bus articulé. Je n’avais pas fait 100 mètres que j’ai été atteint par les rayons d’un puissant laser projetés dans le plafonnier. Il y avait quatre adolescents au fond du bus. Je me suis arrêté sur le côté de la route et les ai regardés. Ils ont fait mine de rien. J’ai repris la route et ils ont recommencé. Alors, discrètement, j’ai contacté la police et un kilomètre plus loin elle les a interpellés et interrogés au commissariat», se souvient le conducteur des Transports publics fribourgeois, 15 ans d’entreprise et de SEV au compteur.

Comme la police n’a pas découvert de laser sur eux, elle a recontacté Roland une heure plus tard. Au terminus, il fouille l’arrière du bus et découvre le laser et un sachet de marijuana dans la poubelle. Les images vidéo permettront d’identifier le coupable, un jeune de 17 ans. Le Tribunal des mineurs vient de le condamner pour lésions corporelles simples et entrave à la circulation routière. Comme c’est un mineur, la peine exacte n’est pas connue car le procès a eu lieu à huis clos. On a pu néanmoins apprendre que l’agression contre Roland était un élément parmi d’autres. La plainte de Roland portait sur l’entrave à la circulation et celle des TPF concernait les lésions corporelles. Il vaut la peine de clarifier l’objet de la plainte lors de la déposition à la police.

Il n’en reste pas moins que l’agresseur devra aussi verser 250 fr. à Roland qui avait demandé cette somme comme prétentions civiles pour le temps pris sur ses congés pour aller effectuer des contrôles médicaux et des dépositions à la police cantonale. Il s’agit là d’un élément important dans la défense des employés des transports. «Pour Roland Morard, ces 250 fr. sont une reconnaissance des désagréments engendrés. «Les frais médicaux ont par contre été pris en charge par ma propre assurance-accidents. Ce n’est pas très logique mais au moins le scanner que j’ai subi a été payé. Ce scanner était douloureux et éprouvant car on reçoit des flashs dans l’œil.»

S’il témoigne aujourd’hui, c’est qu’il estime nécessaire de parler de ces agressions au laser. «Elles mettent notre intégrité physique en danger mais aussi la sécurité des passagers et des autres usagers de la route si nous ne pouvons pas conduire notre véhicule comme il se doit. Ce problème vient s’ajouter à d’autres dangers tels que des cyclistes insouciants ou des piétons qui regardent davantage leur natel que la route. Le métier est devenu plus pénible», considère-t-il. A 52 ans, il parle beaucoup autour de lui de ces agressions au laser. «Je constate que d’autres vivent la même chose. Certains ne portent pas plainte. Pour ma part j’ai décidé de ne plus laisser passer. C’est aussi un acte de solidarité car un jugement peut envoyer un signal à la société.»

Et ce ras-le-bol, il est manifeste chez Roland qui en est à sa troisième agression du genre. Lors de la première c’était un jeune adulte, condamné lui aussi. Toutes ne se terminent pas de la même façon puisque la deuxième agression s’est soldée par un retrait de plainte. «C’était aussi un jeune. J’ai retiré ma plainte car il m’a téléphoné pour s’excuser et j’ai pu avoir une bonne discussion avec lui. Je lui ai expliqué que si mes yeux étaient abîmés je ne pourrais plus exercer ma profession. Il s’est aussi excusé par écrit. Pour moi l’acte éducatif est primordial et il a été suffisant. Il n’y avait pas besoin de jugement.»

Vivian Bologna

L’usage d’un laser devrait être poursuivi d’office

La Loi sur le transport des voyageurs prévoit la poursuite d’office (article 59) des infractions prévues au Code pénal dont sont victimes les employé-e-s des transports. Mais les choses ne sont pas aussi simples car la notion d’intentionnalité intervient. Elle est nécessaire à la poursuite d’office. Ainsi, les menaces, les injures et les agressions physiques sont poursuivies d’office.
Pour le SEV, l’usage d’un laser devrait aussi être poursuivi d’office. Dans la situation de Roland Morard, l’ordonnance pénale ne fait pas mention de cette automaticité. Il reste encore du travail pour que le personnel soit mieux protégé.

Commentaires

  • monvoisin a

    monvoisin a20/04/2017 15:20:23

    je suis agressée au laser l 'est été chez moi et dans la rue ce laser arrive a traverser les parois je souhaite acheter un appareil permettant de le détecter pour avoir mon moyen de preuve pouvez vous m aider pour la marche à suivre. ou dois je prendre un détective privé

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