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Les CFF ont présenté leur programme d’économies «Railfit 20/30»

Le personnel à la ca(i)sse

Les CFF veulent diminuer leurs dépenses annuelles de 1,2 milliard de francs d’ici à 2020. Ils visent une économie de 500 millions de francs au niveau du personnel, en biffant 1400 postes et en attaquant les salaires et les retraité-e-s.

Le projet dévoilé par la direction des CFF jeudi dernier est une attaque frontale contre le personnel à qui la direction veut sucrer 0,8% de salaire en augmentant les cotisations des risques à la Caisse de pension. Une décision qui n’est pas du ressort de la direction, mais du Conseil de fondation, un organe paritaire! Les CFF s’en prennent aussi aux 100 fr. de Rail Check annuels qu’ils offrent à leurs retraité-e-s. Sympa. Outre ces deux points, les CFF veulent affaiblir la CCT et raser 1400 emplois. Ce qui pose clairement la question de la qualité du service public et de la sécurité de l’exploitation.Andreas Meyer, CEO, a justifié ce programme d’économies par la nécessité de maintenir les prix des billets ainsi que les indemnités des commanditaires de prestations (Confédération et cantons) le plus stable possible ou même de les diminuer, afin que le rail reste concurrentiel face à la voiture, aux bus longues distances ou aux camions. Car surmonter l’augmentation du trafic génère des coûts élevés: de 2016 à 2020, plus de 22 milliards de francs seront investis par les CFF dans le matériel roulant, l’entretien, l’infrastructure (également en raison de la loi sur l’égalité pour les handicapés) et les offres comme la réception mobile, de nouveaux systèmes de vente ou encore la restauration ferroviaire.

Les pouvoirs publics versent aujourd’hui déjà 2,3 milliards de francs par année pour l’infrastructure et le trafic régional et ils ont des moyens limités, a souligné Meyer. C’est la raison pour laquelle les CFF doivent faire plus avec moins d’argent et vont donc diminuer les coûts administratifs, augmenter la productivité dans l’entretien de l’infrastructure et l’exploitation ferroviaire, viser des achats meilleur marché, alléger les processus, etc.

500 mios sur le dos du personnel

Dans le but avéré d’économiser, les CFF ont été analysés depuis novembre 2015 par McKinsey dans le cadre du programme intitulé «Railfit». 400 mesures ont été évaluées et 300 d’entre elles vont maintenant être mises en œuvre.

D’ici à 2020, ce sont 1,2 milliard de francs (par rapport à l’année 2014) qui devront être économisés dans les domaines suivants :

  • 470 millions au niveau du personnel ;
  • 30 millions dans les coûts salariaux annexes (un réel démantèlement social) ;
  • 400 millions par une réduction des dépenses d’entretien, de matériel et d’informatique, etc. ;
  • 300 millions en diminuant les coûts d’investissements récurrents, entre autres en simplifiant les standards et en collaborant étroitement au sein de la branche ainsi qu’avec les commanditaires (Confédération, cantons).

Les charges opérationnelles devraient ainsi être réduites de 900 millions de francs. Le résultat de l’entreprise devrait augmenter de 365 millions et rendre des investissements autonomes possibles. «Les 535 millions de francs restants atténueront l’augmentation des coûts pour la Confédération et les cantons, liée au développement de l’offre», écrivent les CFF dans leur communiqué. Ils espèrent ainsi pouvoir respecter la convention sur les prestations de 2017 à 2020.

1400 postes à la trappe

La réduction de postes prévue concerne les groupes professionnels suivants :

  • 500 dans l’administration et les fonctions dirigeantes ;
  • 250 chez les chefs circulation des trains et au management des évènements ;
  • 165 au sein du personnel de la manœuvre ;
  • 220 à la Vente : surtout dans le domaine Voyageurs, mais aussi chez Cargo ;
  • 35 postes d’agent(e)s de train ;
  • 90 mécanos principalement chez Cargo ;
  • 140 dans les autres professions ;

Parallèlement, 200 postes seront créés, dont 60 dans le nettoyage et chez les artisans, 80 chez les mécanos, en particulier dans le domaine Voyageurs, et 60 chez les agents de train.

Au total, le nombre de postes devrait donc passer de 33200 à fin 2016 à environ 32100 fin 2020, et non pas 32000, car les filiales Cargo International, Login et Securitrans créent des postes.

Attaques contre les retraité-e-s et les salaires

Jusqu’à présent, les CFF avaient supporté seuls les cotisations risques de la Caisse de pension. A présent, ils veulent les reporter à moitié sur les employés. Les déductions salariales devraient augmenter de 0,8% et ceci dès début 2017, du point de vue des CFF. Mais pour cela, il faut tout d’abord, selon le règlement, une décision du Conseil de Fondation, constitué de façon paritaire, de la Caisse de pension.

De plus, les CFF ont montré la volonté d’économiser à hauteur de 5 millions au niveau de l’invalidité professionnelle, et ont donc mis fin à l’accord avec la Caisse de pension CFF. Grâce à cet accord, les collaborateurs-trices âgé-e-s de 50 ans et plus et ayant au moins 10 ans d’ancienneté qui tombaient en incapacité de travail pour des raisons médicales recevaient une rente. «Nous nous rapprochons ainsi de l’usage du marché et nous assumerons encore une grande part des prestations sociales à l’avenir», dixit le communiqué des CFF. A noter encore que les pensionnés ne recevront plus un Railcheck de 100 francs, dès 2017.

Fi/Hes

Commentaire

«Les acquis aujourd’hui attaqués doivent être défendus. Et cela passe par une mobilisation de chacun-e.»

Supprimer 1400 emplois! Les intentions des CFF sont encore plus brutales qu’esquissées lors de l’annonce du lancement du projet RailFit 20/30, en novembre 2015. Au passage, ils insistent sur le fait que tout cela se fera en douceur: des départs à la retraite, des départs naturels et la vie est belle. Ils passent comme chat sur braises sur les gains de productivité et le fait que les licenciements ne sont pas exclus, même si l’excellente CCT – merci les partenaires sociaux, SEV en tête – protège des licenciements économiques ceux qui ont au moins quatre ans d’entreprise.On assiste là à un véritable démantèlement – inacceptable – du service public. La déshumanisation grandissante des gares et des trains est critiquée par les usagers qui sont attachés à un service public de qualité. Au lieu de répondre à cette volonté, la direction des CFF veut faire croire qu’il est possible de faire toujours mieux avec moins. Seule note positive, la hausse substantielle du personnel de nettoyage. Pour le reste, malgré la hausse programmée du trafic ces prochaines années, la philosophie ne bouge pas d’un iota.Et comble du cynisme, la direction s’est autorisée à dire que la motivation du personnel serait un élément clé de la réussite du projet RailFit 20/30! Evidemment, un personnel à ce point schizophrène qu’il va applaudir des deux mains les attaques en règle de sa direction contre les salaires et la CCT. Ainsi, «du bien le plus précieux de l’entreprise», le personnel est désormais relégué au rang de mal nécessaire. Ne restera-t-il que le souvenir d’une entreprise à la responsabilité sociale affirmée? La direction souhaite que les CFF se rapprochent des usages du marché en termes de prestations sociales. En clair, le personnel est un privilégié qui doit faire des sacrifices, comme s’il n’en avait pas déjà fait, comme s’il n’en faisait pas. Il s’en prend aux retraité-e-s en voulant les priver des Rail Checks et annonce tambour battant que les déductions sur les salaires augmenteront dès le1er janvier de 0,8% pour les cotisations risques de la Caisse de pensions, payées actuellement par l’entreprise. Une décision qui n’en est pas une, puisque tout se joue au Conseil de fondation de la Caisse de pensions, un organe paritaire dans lequel le SEV va se battre contre ces velléités de péjoration.Le SEV va désormais organiser des assemblées pour donner la voix à la base et déterminer les actions à entreprendre pour faire fléchir la direction des CFF. Les acquis aujourd’hui attaqués doivent être défendus. Et cela passe par une mobilisation de chacun-e. La CCT CFF et CFF Cargo n’est pas tombée du ciel.

Giorgio Tuti

Commentaires

  • Lukas Gehrig

    Lukas Gehrig03/10/2016 13:35:31

    Lieber Giorgio
    Da braucht es jede und jeden? Bei uns in der IT SBB läuft schon seit Anfangs September eine Reorganisation. Und zwar nach dem System "Leitfadenverfahren", was bedeutet, dass wir als Betroffene (ca. 150 Personen), absolut nichts erfahren. Die Reorg wurde uns innerhalb von 17 Minuten mündlich (keine Bilder, kein Webauftritt) mitgeteilt. Mit dem Hinweis, dass wohl "Stellenaufhebungen" zu erwarten sind. Da mit den Sozialpartnern verhandelt werden müsse, werde erst wieder Ende Oktober über die Ergebnisse informiert. Diese Reorg habe aber "ganz sicher nichts mit Rail-Fit zu tun". Will also heissen: 150 Menschen warten seit Beginn September auf das Verdikt Ende Oktober - ohne eine Ahnung zu haben, wohin die Reise geht - und für wen die Reise weitergeht.
    Haben wir etwas vom SEV zu dieser Reorg gehört? Hat sich irgend jemand bei uns gemeldet? Nein. Aber der Unterverband AS des SEV organisiert per 9.11.2016 einen "spannenden Abend" mit dem Leiter der IT Security, damit die Mitglieder über die IT Sicherheit informiert werden. Dieser Leiter Security ist ebenfalls einer der Chefs, welcher die Reorg verantwortet. Es ist schwierig zu verstehen, warum etwa eine Woche nach der angekündigten Bekanntgabe der Resultate der erwähnten Reorganisation ein beteiligter Chef eingeladen wird, um zur IT Sicherheit zu sprechen - aber nicht zur mitverantworteten Reorganisation.
    Nun: Warum braucht es jede und jeden? Damit wir an "spannenden" Informationsabenden teilnehmen? Was sollen wir tun? Ich bin etwas hilflos, nein, sehr hilflos.
    "Leider" bin ich ein Mitarbeiter der Verwaltung und deshalb wird wohl davon ausgegangen, dass ich besser als ein Mitarbeiter des Betriebs mit solchen Situationen umgehen kann. Das ist bei mir leider nicht wirklich der Fall.
    Ich war dem SEV schon vielfach für seine Unterstützung dankbar. Im Moment kann ich aber nicht erkennen, was er aktuell tut.
    Herzlicher Gruss
    Lukas

  • Martinez JL

    Martinez JL04/10/2016 16:01:10

    J'ecris un commentaire, même si je sais que ça ne sert à pas Grand Chose, les CFF s'en foutent de plus en plus de leur personnel, je me réjouis de voire le résultat du questionnaire de satisfaction, mais je pense, que, comme d'habitude, les vrais résultats ne sont pas montrés. Il va faloir de nouveau sacrifier une part de notre salaire pour renflouer la caisse de Pension, même si je pense que les resultats réels sont cachés, car partout les Rendements ont été Bons, sauf dans les caisses de Pension, comme par Hasard, déjà qu'il y a quelques années, le trou fait par notre boursicoteur d'état, a été comblé par le presonnel, celui de la poste, par la confédération, chercher l'erreur !
    Systeme de départ à la Retraite sans ecquité, etc., on se demande ce que fait le SEV ?

  • Michel Piguet

    Michel Piguet13/10/2016 20:12:16

    Bonsoir,
    On peut se demander si les hauts managers, qui ne sont pas capables de garder l'attractivité de l'entreprise sans faire des licenciements seront aussi touchés. Cela ferait déjà une belle économie. Sans compter les parachutes dorés.

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