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VPT Romandie à Lausanne

S’unir au maximum pour que les procédures soient efficaces

C’est à Ouchy, plus exactement sur le bateau «Lausanne», que quelque 300 représentant-e-s de diverses sections VPT romandes se sont retrouvé-e-s samedi 31 octobre, pour la traditionnelle journée VPT.

Une table ronde qui a su captiver les participants, avec de très nombreuses questions du public. De gauche à droite: Christophe Dubrit, Vincent Ducrot, Vivian Bologna, Olivier Français et Gilbert D’Alessandro.

L’assemblée romande de la VPT, c’est surtout un moment convivial, avec café-croissants, apéro, repas et, cette année, une mini-croisière, mais c’est aussi des discussions constructives, avec la désormais traditionnelle table ronde sur un sujet d’actualité.

Résultats du sondage SEV

Barbara Spalinger, vice-présidente SEV, a présenté les résultats du sondage SEV sur les mesures en cas d’agression. Elle a relevé que le tiers des entreprises n’ont pas encore une procédure à suivre en cas d’agression, ou en tous cas, que les employés ne sont pas au courant s’il y en a une ! « Un peu choquant », selon la vice-présidente. Certaines sections ne voient, elles, pas de raison d’avoir une procédure, mais ce sont des sections qui ne connaissent pas de problèmes de violence. Ça existe !

Dans les mesures proposées et utilisées, la formation n’est citée que dans 19% des cas : il faut que ça change ! Dans 70% des cas, il est possible d’avoir un soutien externe.

Table ronde animée

Vivian Bologna, rédacteur à contact.sev, animait la table ronde de cette année, sur ce sujet de la violence, à l’occasion des 15 ans de la charte d’engagement pour une meilleure sécurité dans les transports publics, signée par de nombreuses entreprises.

Gilbert D’Alessandro, président central VPT, Christophe Dubrit, responsable du centre de consultation LAVI du canton de Vaud (appui et conseil aux victimes d’infractions), Olivier Français, conseiller national, membre de l’exécutif de la Ville de Lausanne et notamment membre du CA des tl ainsi que Vincent Ducrot, directeur des TPF, participaient à cette table ronde.

Gilbert D’Alessandro a estimé que si 64% des entreprises ont une procédure en cas d’agression, c’est déjà bien. « Il y aura toujours de bons élèves et de mauvais élèves. Ces 64%, c’est insuffisant, mais bien. On doit surtout s’unir au maximum pour que les procédures existantes soient efficaces. »

Pour Olivier Français, il faut surtout voir la problématique de la sécurité dans l’ensemble, personnel et passagers. Il prône une « solidarité les uns avec les autres, entre ceux qui transportent et ceux qui sont transportés ».

Christophe Dubrit, quant à lui, a relevé qu’un moment très difficile dans l’agression, c’est lorsqu’on se sent abandonné, par sa direction, par les témoins de l’agression, etc. Si la victime a le soutien de son employeur, ça aide beaucoup.

Les TPF, un exemple à suivre

Vincent Ducrot a expliqué la procédure mise en place à Fribourg. Le suivi est extrêmement bien organisé, avec deux personnes qui vont écouter la victime et une mécanique rodée qui se met en marche très rapidement. La direction est très vite informée et, dans les cas graves, le directeur a un contact direct avec la victime. Pour Vincent Ducrot, « l’employé doit se sentir entouré et aidé ». Il a expliqué également qu’on analyse régulièrement, dans son entreprise, le nombre de cas et qu’une recrudescence des cas de violence est vite suivie de mesures concrètes. Les dégâts produits sur le matériel aux TPF ont drastiquement diminué depuis la prise de mesures. Et les bras cassés chez les ados également !

Témoignage du président

Gilbert D’Alessandro a raconté comment il s’était retrouvé tout seul à l’hôpital après une agression, en 1999. A l’époque, il n’y avait aucune procédure aux TPF, son employeur, aucun soutien de la part de l’entreprise. « La charte, ça a été ma thérapie », a-t-il expliqué devant les collègues.

Stop aux économies sur le personnel

Au moment des questions, Jérôme Fay, des TPG, s’est indigné du fait qu’on enlève toujours plus de personnel, ce qui n’est vraiment pas fait pour éviter les agressions …

Olivier Français ne souhaitait visiblement pas répondre à la question des économies sur le personnel, mais a toutefois évoqué un point intéressant, en faisant le parallèle avec les gens de la propreté en ville de Lausanne. « Il faut bien les former avant de les laisser aller sur le terrain. »

La formation, effectivement, est essentielle dans le domaine. Un des participants a demandé s’il s’agissait plutôt d’apprendre l’autodéfense ou d’une formation psychologique. Christophe Dubrit a expliqué que l’autodéfense pouvait permettre de se sentir en sécurité quand quelque chose se passe, donc augmente la « sécurité en soi ». Mais par contre, pour améliorer les relations avec les clients agressifs, rien de tel que la communication non violente. Pour lui, il n’y a pas de solution miracle, mais de multiples solutions à mettre en place parallèlement. Le bus-école a notamment été cité comme moyen de prévention pour les adolescents.

Aspect légal

Christophe Dubrit a relevé qu’en cas d’absence de plainte pénale contre l’agresseur, la victime ne sait pas ensuite ce qu’il advient du dossier. Ce qui est regrettable. Olivier Français a expliqué qu’on peut demander l’anonymat vu que la confrontation avec l’agresseur peut être très pénible dans certains cas. Enfin, il y a encore beaucoup de confusion au niveau des plaintes, tout est assez complexe et cela n’aide pas la victime.

Après la table ronde, Olivier Français, Luc Baehni, directeur de la CGN, et Stéphane Montangero, président du PS Vaud et représentant du personnel au CA de la CGN, ont pris brièvement la parole. Stéphane Montangero a rappelé la lutte pour obtenir le siège qu’il occupe depuis 2013 au CA de la CGN. Luc Baehni a expliqué que la CGN est en train de mettre en place une culture d’entreprise avec l’être humain au centre des préoccupations. Et Olivier Français a parlé de la mobilité croissante à Lausanne et des multiples projets comme le tram et le M3.

Henriette Schaffter

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