CFF Voyageurs
Les CFF stoppent le projet SAP UR 2 chez PP-UHR – le SEV exige une clarification et plus d'attention
A la Production Voyageurs, les CFF ont stoppé à la mi-juillet l'unité de réalisation 2 (UR 2) pour le développement du programme SAP. Au total, près de 100 collaboratrices et collaborateurs perdent leurs fonctions actuelles, huit perdent leur poste et une quarantaine voient une partie de leurs tâches transférée de Digital Solution Rolling Stock (DSO ROS) vers leur poste d'origine au sein de l'unité d'affaires Entretien du matériel roulant chez Production Voyageurs (PP-UHR).

Contexte : dans tous les domaines CFF, il s'agit de passer de la version actuelle de SAP, la R/3, à la nouvelle version S/4 étant donné que SAP suspend le support pour la R/3 à fin 2030. Ce changement se fait par unités de réalisation distinctes, domaine par domaine : l'UR 1 chez I-EN (Énergie) a été par exemple déjà mise en oeuvre à fin 2023, l'UR 3 chez Immobilier au début 2025, l'UR 4 chez Infrastructure sera mise en oeuvre au début 2027 et l'UR 2 chez PP est prévue seulement en 2029.
Motifs qui ont poussé les CFF à stopper l'UR 2 : la direction du groupe veut concentrer le développement de SAP sur la division Infrastructure (UR 4) et le réduire pour l'instant dans les autres domaines CFF, voire le stopper. En ce qui concerne l'UR 2, il s'est avéré que l'intégration projetée des outils supplémentaires proposés par la version S/4 de SAP par rapport à la version R/3 utilisée aujourd'hui était plus difficile que prévu à cause des adaptations de processus, et que cela demandait plus de temps. C'est pourquoi il s'agit maintenant, au cours d'une première étape, d'introduire la nouvelle version de SAP S/4 avec les processus actuels.
Le SEV regrette le manque de transparence au sujet des problèmes qui existent depuis longtemps déjà s'agissant de l'UR 2, et se demande depuis quand on savait que les objectifs fixés pour la version S/4 n'allaient pas pouvoir être atteints.
Quelque 100 collaborateurs·trices touché·es
La suspension du projet SAP UR 2 signifie que dès la mi-juillet, beaucoup de collaborateurs·trices n'exécutent plus leurs tâches habituelles. Ce sont 96 collaborateurs·trices de divers domaines de PP-UHR qui ont été détaché·es à DSO ROS à divers taux d'occupation afin de travailler sur le projet UR 2 qui sont touché·es. Parmi eux 55 resteront à DSO ROS, étant donné qu'une migration vers la version S/4 de SAP aura tout de même lieu, cependant pas dans les proportions initialement envisagées. Pour 41 personnes un retour à leur poste attitré chez PP-UHR est annoncé, cependant elles gardent un pied chez DSO ROS, par exemple pour la future mise en service du nouvel atelier d'entretien à Castione (NSIF). Ce retour dans la ligne de PP-UHR provoque cependant un excédent de personnel car les postes ont été réoccupés. Cela signifie que dans le cadre de ces « postes back-fill », d'autres collaborateurs·trices seront touché·es et pourront perdre leur poste.
Dans l'ensemble, chez PP-UHR sept collaborateurs·trices soumis·es à la CCT perdent leur poste, et un collaborateur soumis au CO devra quitter les CFF après écoulement du délai de résiliation de quatre mois
Le SEV a été surpris par la rapidité à laquelle les CFF ont décidé de suspendre l'UR 2. Il n'y a ainsi pas eu suffisamment de temps pour la consultation – en fait obligatoire – des partenaires sociaux. Dans l'intérêt des membres concernés, le SEV a toutefois renoncé à la procédure de consultation car celle-ci aurait repoussé de plusieurs semaines l'information du personnel et ces personnes se seraient retrouvées encore plus longtemps dans une situation opaque.
Le SEV exige de la transparence au sujet de l'utilité réelle des résultats des travaux réalisés jusqu'ici dans le cadre du projet UR 2 pour la réalisation à venir, et du temps et de l'argent qui ont été jetés par les fenêtres dans ce projet IT. Ceci en des temps où les CFF doivent réaliser des économies dans tous les domaines, avec les répercussions négatives que l'on connaît pour le personnel (M6K / Boost M6K).
Ne pas compenser le gaspillage des ressources aux dépens du personnel
« Le SEV attend des CFF qu'ils rendent compte des coûts engendrés par les problèmes rencontrés dans ces projets et la suspension à court terme », déclare René Zürcher, secrétaire syndical chargé du dossier CFF Voyageurs au sein du SEV. « L'argent perdu ne doit pas être récupéré par le biais d'économies supplémentaires supportées par le personnel. Le personnel n'a pas à payer pour les décisions erronées prisent par les CFF. »
Cette situation démontre également une chose : lorsque l'on retire du personnel d'un secteur pour l'engager sur des projets, quand on cherche à réoccuper les postes il s'agit de faire plus attention. « Les personnes qui occupent des ‹ postes back-fill › ne doivent pas devenir des victimes collatérales des projets qui sont stoppés ou terminés », revendique René Zürcher. « Par exemple des stages seraient une meilleure solution. »
Markus Fischer
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