Rien faire jusqu’à la prochaine rupture de roue? Le SEV exige plus de tests acoustiques!
Le 23 et le 31 décembre 2025, des ruptures de roues spectaculaires se sont produites en Allemagne. Elles ont rappelé celle du 10 août 2023 dans le tunnel de base du Saint-Gothard...

Par une chance énorme, les deux déraillements qui en ont résulté n’ont causé aucun dommage sur le plan humain, ce qui n’a pas été le cas du matériel roulant et de l’infrastructure ferroviaire : les réparations ont été nombreuses et onéreuses, les tronçons ont dû être fermés, des détournements ont été nécessaires, heureusement dans des proportions moindres que lors de l’accident au Saint-Gothard.
Tous ces accidents survenus récemment sont inquiétants, car ils illustrent la menace latente que représentent les ruptures de roues. Or, jusqu’à ce jour, aucune mesure adéquate n’a été prise. C’est pourtant ce qu’a recommandé en juin 2025 le Service suisse d’enquête de sécurité (SESE), dans son rapport final au sujet de l’accident du Saint-Gothard.
Cette recommandation repose sur le constat de la cause de la rupture : un échauffement répété de la roue lors du freinage avec des semelles de frein relativement neuves en matériaux composites, qui évacuent moins bien la chaleur que les semelles en fonte utilisées jusqu’alors. De plus, de nos jours, les trains de marchandises roulent plus vite qu’autrefois et doivent donc aussi freiner davantage.
En se fondant sur les recommandations du SESE et des discussions avec la branche (détenteurs de véhicules, maintenance, entreprises ferroviaires), l’OFT a édicté le 11 septembre 2025 de nouvelles directives : il a imposé un diamètre de roues minimal de 864 mm ainsi que des délais plus courts et systématiques entre les examens techniques sur les véhicules. À la suite des réactions dans la branche, l’OFT a ajusté à fin octobre ses nouvelles directives concernant deux points .
L’Union internationale des gardiens de wagons (UIP) a néanmoins porté plainte contre ces mesures auprès du tribunal administratif fédéral et obtenu leur suspension bien que, du point de vue du SESE, d’autres ruptures de roues soient à craindre sans elles. Apparemment, il faut qu’il y ait des morts pour que des mesures efficaces soient introduites, c’est ce qu’a déclaré un expert ferroviaire dans l’émission « Rundschau » de la télévision alémanique qui portait sur ce thème le 4 février dernier.
Le SEV demande des mesures alternatives
« Ce blocage juridique signifie que l’on doive redouter des ruptures de roues à tout moment », résume le secrétaire syndical Philipp Hadorn, qui dirige le team Cargo au SEV. « Le SEV se fait du souci pour la sécurité du personnel, des passagers, de la population et pour l’environnement. Il exige notamment de l’OFT qu’il veille à l’extension des contrôles acoustiques sur l’ensemble du territoire. »
Le SEV a remis par écrit ses demandes à l’OFT la semaine dernière.
Markus Fischer