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Jubilaire vaudois

Positif, actif – et retraité

Agé de 84 ans, André Duvaud est membre SEV depuis 60 ans. Durant toutes ces années à la section VPT Léman, il a assumé différentes fonctions, dont la présidence de 1962 à 1974. Il est actuellement encore président des retraités de la CGN. Rencontre avec un positif plein de sagesse.

André Duvaud conserve ses anciens cahiers SEV, avec les timbres attestant des cotisations payées.

Le rendez-vous est fixé au secrétariat régional de Lausanne. André Duvaud arrive avec ses carnets SEV, m’expliquant que l’on passait jadis à domicile pour encaisser la cotisation syndicale. C’est dès 1969 que la cotisation est prélevée sur le salaire. Et qu’est-ce qui a changé à part cela, depuis 60 ans ? « Avant, on ne parlait pas politique. Maintenant, on accepte un peu plus et on est même obligés de s’en préoccuper. Désormais, il y a beaucoup de jeunes qui participent et qui prennent part aux discussions lors des assemblées. Bien sûr, il y a toujours eu des hauts et des bas dans le syndicat. C’est normal. »

Mémoire de la section

Entré à la CGN en 1956 comme ouvrier professionnel (ébéniste en l’occurrence) et batelier, André Duvaud a grimpé les échelons pour terminer contremaître des ateliers d’entretien (menuiserie, peinture et tapisserie) et capitaine, en 1980. Dès 1996, il prend la retraite mais continue d’œuvrer pour le syndicat et ses membres.

Pour se faire une idée de son engagement, quelques chiffres: il a siégé pendant 30 ans au comité central VPT, 22 ans au comité fédératif SEV, 15 ans au comité de l’ASCOOP (ancienne caisse de pension des employés CGN) et 12 ans à la présidence de la section.

Enfance française

André Duvaud a grandi en France. Son père était ébéniste dans les grands hôtels, à Cannes l’été et à Thonon l’hiver. André a donc partagé ses jeunes années entre la Côte d’Azur et les bords du Léman. Lors de la guerre, entre 1939 et 1942, son père est mobilisé en Suisse, mais le reste de la famille reste bloqué en France.

Il vit donc une période de vaches maigres, entre ses 7 et 10ans. « Il n’y avait pas d’instituteur, puisqu’ils étaient tous mobilisés. C’était donc des retraités qui nous donnaient les cours. On n’avait pas toujours à manger et on devait trouver des astuces pour avoir des pommes de terre, pour pouvoir se nourrir. Je me suis alors promis de ne manger, dans ma vie future, que ce que je voulais! Je me suis également promis de tout faire pour bien gagner ma vie. »

Il rentre en Suisse, à Lausanne, en 1942. Elève doué, il se donne à fond pour réussir son apprentissage d’ébéniste à l’Ecole des métiers de Lausanne. Il fait également du sport, notamment beaucoup de gymnastique artistique (anneaux, agrès, barres parallèles). A 20 ans, il se tourne vers l’athlétisme et devient moniteur. C’est par manque de temps qu’il arrête cette discipline à 36 ans.

Et pourquoi, lui qui voulait défendre les ouvriers à tout prix, ne s’est-il pas engagé en politique? « Mon père était communiste et moi j’avais des idées plus socialistes. Il siégeait au Conseil communal de Lausanne et il y avait des tensions entre communistes et socialistes. Je ne voulais pas m’engager, mais en classe, j’étais toujours impliqué dans les discussions politiques, un peu malgré moi », raconte-t-il.

Les difficultés de la vie active

Engagé par la CGN, il passe de batelier à capitaine en 12 ans. En 1973, âgé de 41 ans, il vit une année très difficile. Il s’occupe, en tant que président de section, du renouvellement du contrat collectif et organise pour la première fois la réunion des Lacs Européens à Lausanne. On lui confie également l’organisation des 100 ans de la CGN, qui réunit plus de 600 personnes.

Surchargé de travail, il attrape le diabète, maladie dont il n’arrivera pas à se débarrasser mais avec laquelle il vit, plutôt bien, depuis lors. « J’ai dû commencer à me piquer chaque jour et je le fais encore. J’avais perdu près de 20 kilos, le médecin voulait que j’arrête de travailler un moment, mais je voulais continuer. Je suis juste passé à mi-temps sur une courte période », explique-t-il.

Un burn-out en fait, même si ce terme n’existait pas encore dans le jargon médical ... On ne peut pas dire qu’il ait vraiment freiné ses activités par la suite. Il a quitté la présidence, certes, une année plus tard, mais a tout de même continué à s’engager fortement dans les différentes instances du syndicat, surtout à la Caisse de pensions, où ses aptitudes en matière de calcul étaient fort appréciées.

A la retraite depuis 20 ans

Venu l’âge de la retraite, il a décidé de partager son temps entre Ecublens et Les Dia- blerets, pour s’adonner à la randonnée en montagne. Actuellement, à 84 ans, il continue à se balader et voyager un peu, avec sa compagne, d’origine allemande. Tout d’abord caissier, il a repris la présidence des retraités CGN depuis 6-7ans et organise donc encore deux courses par année.

Comment se définirait-il? « Je suis très ouvert, pas sectaire et foncièrement optimiste. J’ai bien vécu et je dis toujours à mes retraités de profiter de la vie. A la verrée, le 8 novembre dernier (lors de l’assemblée de section), quelqu’un m’a dit ‹c’est super Monsieur Duvaud, on a gardé l’ambiance que vous avez créée›. » Il conclut : « Contremaître des ateliers, c’était une fonction respectée, on me vouvoyait. Mais mon bureau était toujours ouvert. » La disponibilité, c’est une façon de vivre ...

Henriette Schaffter

FAMILLE

André Duvaud est veuf depuis 10 ans. Il est papa de deux filles ainsi que grand-papa et arrière-grand-papa. Une de ses filles est caissière à la CGN et ses deux beaux-fils y travaillent également.

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