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RER franco-valdo-genevois

Mur CFF/SNCF lézardé

Le 16 février, une délégation des syndicats franco-suisses actifs dans le dossier du Léman Express ont rencontré les dirigeants de la SNCF et des CFF. Au centre des discussions, le futur modèle d’exploitation. Enjeux.

Les trois modèles d’exploitation du futur RER : le deuxième a la préférence des syndicats.

Dans un lettre ouverte envoyée début février aux autorités en charge du Léman Express, le SEV, la LPV Genève, le VSLF la CGT et Sud Rail ont réaffirmé que « le pilotage de ce projet ne peut être le fait des seuls experts. Les acteurs du futur RER (mécaniciens de locomotives, agents d’entretien, agents de vente, personnel de sécurité, police des transports, agents d’informations) doivent être présents, aujourd’hui déjà, dans l’élaboration de la réalisation de l’exploitation. »

Trois modèles d’exploitation

Et justement concernant l’exploitation, trois modèles sont à l’étude : l’exploitation par une société-fille appartenant aux CFF et à la SNCF, l’interopérabilité totale où le personnel SNCF et CFF peut conduire sur tout le réseau ou un modèle où le personnel ne conduit que sur son propre territoire. « Il est bien entendu que pour tous les syndicats, la solution de la filiale est inacceptable, et nous l’avons à nouveau fait entendre », ont écrit la LPV Genève et le VSLF à leurs membres après cette séance du 16 février. Pour rappel, la filialisation pourrait facilement entraîner des transferts de poste des CFF vers la filiale « Leman Express », y compris son établissement français. Cela se traduirait par des « propositions de travail pour les employés CFF en France, mais surtout par une très forte pression à la baisse sur les salaires. »

Les syndicats préfèrent l’intéropérabilité totale. « Les mécaniciens de locomotive doivent pouvoir piloter sur le réseau Léman express – les kilomètres parcourus par un employé CFF sur le territoire français sont compensés par le même nombre de km d’employés SNCF sur territoire helvétique – car nous savons qu’ainsi la diversité du travail garantit une meilleure attention, donc plus de sécurité. Nous savons aussi que les perspectives de formation (double permis) et de carrière garantissent plus de motivation et d’implication pour les collègues. »

Patrons pas si unis …

D’autres questions sont en suspens, dont l’entretien du matériel roulant. La maintenance lourde devrait être réalisée au Centre d’entretien genevois, tandis que la maintenance légère du parc « Régiolis » serait effectuée à Annemasse.

La séance du 16 février a permis de mettre en évidence le manque d’union patronale. Tandis que les CFF ont convenu qu’il faillait planifier d’autres réunions avec les syndicats, la SNCF n’a accepté cette hypothèse qu’à demi-mot et en traînant des pieds. Preuve encore une fois qu’il y a d’importantes divergences de méthode et de gros désaccords entre les deux entreprises partenaires. « Nous tenons tout particulièrement à connaître avant la presse, et donc le monde politique, les choix privilégiés par nos employeurs et surtout les raisons qui auront motivé ces choix », estiment la LPV et le VSLF. Histoire de pouvoir proposer des aménagements et des solutions différentes. « Aussi allons-nous maintenir la pression – avec vous – afin d’éviter d’être mis devant le fait accompli. »

Vivian Bologna

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