| Communiqués de presse

Lignes de bus accordées à CarPostal dans le Jura

Le SEV inquiet pour les employés CJ

Le Syndicat du personnel des transports (SEV) est tout d’abord soulagé que les mises au concours aient été remportées par une entreprise dont les conditions d’engagement et salariales respectent les usages de la branche. Il va maintenant se battre pour que les employés des CJ impactés ne soient pas prétérités. Le SEV est aussi inquiet pour l’avenir des lignes de bus dans le Jura bernois. Le SEV souligne que cette mise au concours aura coûté énormément d’argent, de temps et d’énergie. Elle aura aussi créé d’énormes inquiétudes au sein des personnels de CarPostal et des CJ. Une question demeure : qui paiera le prix des économies réalisées par les commanditaires ?

Le conducteur CJ et membre SEV Jean-Charles Froidevaux devant le Parlement jurassien le 27 novembre 2019.

Le secrétaire syndical du SEV, Jean-Pierre Etique, en charge des Chemins de fer du Jura, va maintenant s’entretenir avec la direction de l’entreprise des CJ qui perd de nombreuses lignes. « Les CJ conservent quelques lignes de bus dans le Jura bernois mais pas assez pour offrir suffisamment de travail à l’ensemble des conducteurs qu’ils emploient. Ceux qui perdront leur emploi ont la garantie de pouvoir être repris par CarPostal. Nous sommes toutefois inquiets pour les lignes du Jura bernois et des collègues assurant ces prestations. Du personnel administratif et de maintenance est aussi concerné. Leur avenir reste flou. Personne ne doit y perdre des plumes. Nous y veillerons. La situation n’est pas évidente.»

Vice-président du SEV, Christian Fankhauser ne mâche pas ses mots à l’encontre des autorités jurassiennes. «Cette mise au concours a fait couler beaucoup d’encre. Le Jura a tiré à boulets rouges sur CarPostal. Et aujourd’hui, c’est l’entreprise vouées aux gémonies qui remporte l’ensemble du paquet. C’est l’ironie du sort, sous réserve d’une éventuelle contestation du résultat par les entreprises perdantes. Cette mise au concours aura coûté énormément d’argent, de temps et d’énergie à de nombreux acteurs. Elle aura surtout créé de l’inquiétude chez les employés que l’on a traités comme quantité négligeable. Sur le dos de qui les commanditaires feront-ils des économies ? La réponse à cette question sera très intéressante.»

Pour le SEV, l’exemple jurassien ne doit pas faire des émules. Une entreprise peu regardante des conditions d’emploi et des salaires aurait pu remporter la mise. Le Jura a joué avec le feu. Ce chapitre fermé, le SEV va désormais suivre avec attention si d’autres cantons jouent aux apprentis sorciers et intervenir pour éviter ces jeux de dupes. D’autres cantons comme Fribourg avaient préféré le dialogue avec les entreprises que les mises au concours.

Pour rappel, le SEV avait critiqué dès mi-2017 cette mise au concours et lancé une pétition avec les chauffeurs de bus jurassiens. Fin 2017, elle a été remise aux autorités, munie de 4000 signatures. Elle demandait que l’appel d’offres contienne l’obligation de conclure une Convention collective de travail avec les partenaires sociaux de la branche et que cette CCT s’appuie sur les conditions d’usage dans la région comme le prévoit la loi jurassienne sur les Transports publics. Outre le soutien populaire, la motion « Mises au concours de lignes de bus : des garanties pour les salarié-e-s et les usagers » a été acceptée fin janvier 2018 par le parlement qui a soutenu à plusieurs reprises la lutte des employés.

Fin novembre 2019, une action de protestation s’est déroulée devant le parlement jurassien avec plus de 100 personnes.

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