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CFF Infrastructure

Maintenance CFF: qui a loupé l’examen?

Début 2019, le SEV a appris que dans une région de la Maintenance chez CFF Infra, la plus grande partie de toute une catégorie professionnelle n’avait pas réussi l’examen «RTE 20100 Sécurité pour les travaux effectués dans la voie». Sur trois sites, le taux d’échec était de 60 à 90%. Nous avons appris que l’examen numérique était fastidieux et qu’il demandait un certain temps d’adaptation, même pour les collègues qui avaient l’habitude du digital. S’ajoutait à cela le fait que la formation habituellement donnée par des formateurs avait été réduite de moitié et ne durait plus qu’un demi-jour. Pour remplacer ce temps de formation manquant, des entraînements numériques étaient prévus. Sauf que tous les travailleurs dans l’entretien du réseau n’avaient pas accès à des outils numériques valables. Et tous ne sont pas familiarisés avec leur utilisation...

Les collègues qui avaient raté l’examen ne savaient même pas où ils avaient échoué. Afin d’avoir connaissance des erreurs commises et pour pouvoir en tirer leçon, ils devaient faire une requête comme s’ils contestaient l’examen. Ceci est absurde! De plus de telles défaillances du système se retrouvent dans le cadre d’autres examens, et ceci n’arrange pas vraiment les choses. Le SEV et la CoPe sont intervenus.

Urs Huber, secrétaire syndical SEV

La digitalisation ne peut pas se passer ainsi

Commentaire de Urs Huber

Ce taux élevé d’échecs dans les examens soulève pas mal d’interrogations. En effet, il ne s’agit pas de débutants mais de collègues qui évoluent depuis des décennies sur les voies. Un tel résultat n’est pas concevable! Que s’est-il passé? Est-ce à cause des économies réalisées au niveau de la formation? Cet élément a certainement joué un rôle puisque la durée des cours a été réduite de moitié. De plus, la formation numérique proposée en remplacement ne fonctionne pas bien. Est-ce que le processus de l’examen se base sur un modèle qui n’est pas facile à utiliser? Il semble que ce soit le cas. Il faudra se pencher sur cette question. Car si l’on rate un examen cela doit être parce qu’on ne connaît pas suffisamment la matière, pas parce qu’on n’arrive pas à utiliser le support d’examen. Et puis le fait que l’on ne puisse pas prendre connaissance de ses propres fautes? Qu’est-ce que cela veut dire? N’est-il qu’important de savoir si j’ai réussi ou raté? Ne faudrait-il pas que je sache quelles sont les questions auxquelles j’ai mal répondu? Juste réussi ou raté... un test sur la sécurité! Et on ne veut pas me dire ce que je fais de faux? Inconcevable! Ce sont des méthodes d’apprentissage négligentes sur le plan de la sécurité. Au temps des examens sur papier, on pouvait au moins rendre les copies avec les corrections, ainsi la personne pouvait voir ses fautes. Et cela lui permettait de progresser.

Cet exemple montre qu’il ne suffit pas que la direction décide qu’à l’avenir, tout doit se faire de manière digitale. C’est lors de l’application que l’on peut constater si les processus sont efficaces. Il ne faut pas forcément retourner au papier et au crayon. Mais ce n’est pas le système qui donne la mesure, ce sont les collaborateurs. Le SEV a présenté ses critiques et espère que la situation soit corrigée rapidement. Surtout en regard de la sécurité!

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