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Interview vice-présidence ETC

La politique d’austérité menace gravement les transports publics

Il y a environ six mois, lors du Congrès du SEV, les délégué·es ont élu Barbara Keller comme vice-présidente et Pablo Guarino comme vice-président. Il et elle sont tous deux responsables des entreprises de transport concessionnées (ETC) au SEV. Comment ont-ils vécu ces six premiers mois intensifs à leur poste ?

Barbara : Pour moi, le début a été très positif. J’ai reçu beaucoup de soutien de la part des collègues, comme de Pablo. La collaboration a très bien fonctionné dès le départ et nous nous sommes rapidement trouvés. Même si je ne suis là que depuis peu de temps, j’ai déjà une bonne vue d’ensemble des dossiers, grâce à l’accompagnement au sein du SEV.

Pablo : De mon côté aussi, j’ai très bien vécu cette prise de fonction. Le rythme est intense, mais bien encadré. La collaboration avec Barbara est excellente, les échanges sont ouverts et constructifs. Le travail est exigeant, mais très stimulant. Et nous pouvons nous appuyer sur une organisation solide et bien structurée.

Barbara, ton arrivée était particulière, car Pablo connaît déjà bien la branche. Quelle a été la principale difficulté pour toi ?

Barbara : Le plus difficile, c’est clairement de ne pas venir du secteur des transports. Il y a beaucoup de termes techniques, d’abréviations et de spécificités propres à la branche. On ne comprend pas toujours tout immédiatement. Ça s’améliore avec le temps, mais c’est un apprentissage de longue durée. On m’a dit que ça prenait plusieurs années, et je le crois volontiers.

Vous travaillez chacun à 50 % pour la vice-présidence et assumez en parallèle d’autres tâches au SEV. Comment vous êtes-vous réparti le travail ?

Pablo : Nous ne parlons volontairement pas d’un partage « 50/50 ». Ce serait réducteur. Nous assumons une responsabilité stratégique conjointe pour le domaine ETC. Par ailleurs, nous avons la responsabilité d’autres dossiers en interne au SEV. Barbara : Concrètement, je suis plutôt en charge de la Suisse alémanique, tandis que Pablo suit la Suisse romande et le Tessin. Mais ce n’est pas une séparation stricte. Nous discutons tous les sujets ensemble et prenons les décisions collectivement.

Barbara s’occupe, en plus de la vice-présidence, de certains dossiers. Pablo, de quelles tâches supplémentaires es-tu responsable ?

Pablo : Oui, je suis également responsable du service juridique. C’est un soutien important pour les membres. Le droit est un outil central de la lutte syndicale et un service très apprécié. Cela demande beaucoup de temps, mais c’est un dossier qui me tient particulièrement à cœur.

Quels sont, selon vous, les défis à venir dans un proche avenir ?

Barbara : Les défis sont importants. Au niveau national, des mesures d’austérité, comme les programmes d’économies, vont fortement toucher les transports publics (TP). Les cantons suivent la même voie. Cela a des conséquences directes sur les entreprises, souvent sur les salaires. Nous voulons donc aborder les prochaines négociations salariales de manière plus coordonnée et stratégique.

Pablo : Le contexte général est clairement marqué par l’austérité. En tant que syndicat, nous devons renforcer la mobilisation et le rapport de force. De nombreux renouvellements de conventions collectives sont aussi à l’ordre du jour.

Y a-t-il eu des moments marquants récemment ?

Barbara : Pour moi, le 40e anniversaire de la Commission des femmes a été un moment très émouvant et très marquant. Il a montré tout le chemin que nous avons parcouru grâce aux pionnières qui nous ont ouvert la voie par leur engagement. La journée d’action contre la violence m’a aussi donné beaucoup d’énergie. Et puis, il y a toutes ces rencontres sur le terrain, dans les sections.

Pablo : Pour moi, un moment très fort a été la mobilisation de la section tl à Lausanne. Des centaines de collègues ont manifesté avec plus de 25 000 personnes. Cette solidarité a permis d’obtenir des résultats concrets. Cela montre que la mobilisation collective fonctionne.

Quels sont vos perspectives pour l’année 2026 ?

Barbara : Le recrutement et la présence sur le terrain seront essentiels. Nous ne sommes forts qu’ensemble, mais nous devons également rendre visible ce que nous faisons, que ce soit au sein des sections, auprès du grand public ou dans le monde politique. Il s’agit de faire en sorte que notre travail et notre engagement soient réellement pris en compte.

Pablo : Absolument, nous avons des membres engagés et des sections fortes. C’est sur cela que nous devons nous appuyer pour renforcer davantage notre visibilité en tant que syndicat du personnel des transports et être prêts à établir des rapports de force partout où cela est nécessaire.

Michael Spahr