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CFF Cargo

Il faut mieux indemniser les contrôles techniques

©CFF Cargo Les contrôles techniques des trains chez Cargo sont réalisés aussi par les PWL, en plus des TKC.

Depuis 2019, CFF Cargo a formé quelque 230 collaborateurs de la manoeuvre à la tâche d’examinateur de wagons et de chargements (PWL). La direction a promis que cette compétence supplémentaire serait indemnisée par un montant de 3000 fr. par année jusqu’à ce qu’elle soit intégrée dans les nouveaux profils professionnels. Cette promesse n’a pas été mise par écrit. Cargo remet en question le paiement de ce supplément.

La formation PWL de 21 jours est suivie avant tout par les mécaniciens de locs B100, mais aussi par d’autres employés de la manoeuvre selon les sites. Elle permet aux teams de manoeuvre de contrôler eux-mêmes les trains avant qu’ils partent pour les gares de triage. Jusqu’ici, seuls les contrôleurs techniques Cargo (TKC) étaient aptes à effectuer ce travail, après avoir suivi une formation interne spéciale de 6 à 8 mois (voire même 9 auparavant) sur une base d’apprentissage de 3 ans, si possible dans le domaine de la métallurgie ou l’électricité (ou en tant qu’employé de manoeuvre / mécanicien de locs B100). Les teams de manœuvre ne se chargeaient quant à eux que des contrôles sporadiques superficiels. Toutefois les TKC sont devenus moins disponibles durant les dernières années car trop peu de monde a été formé pour assurer la relève suite aux départs à la retraite ou vers d’autres entreprises.

Sandro Kälin, président central SEV-TS et lui-même TKC, ne considère pas les PWL comme une concurrence bon marché mais plutôt comme un complément pour décharger les TKC, qui restent les seuls responsables de contrôler les trains partant vers l’étranger et du contrôle des marchandises spéciales, et qui réagissent aux alarmes des dispositifs de contrôle des trains et d’autres événements, qui prodiguent des conseils à la clientèle pour les chargements, entre autres choses.

De nombreux collègues sont témoins des promesses faites par les responsables Cargo : jusqu’à l’élaboration des nouveaux profils professionnels, soit chaque année et pas seulement une fois, Cargo devait verser une indemnité PWL de 3000 fr.

Toutefois ceci n’a jamais été convenu officiellement ni par écrit entre les partenaires sociaux et comme l’élaboration des profils professionnels prend plus de temps qu’escompté, CFF Cargo remet en question le versement annuel de l’indemnité et demande au personnel concerné d’attendre l’indemnité prévue dans le cadre du profil professionnel, qui ne sera pas appliqué avant la fin 2021.

Pour cette raison, le secrétaire syndical SEV Philipp Hadorn a présenté le 11 mars dernier à la direction Cargo une requête demandant de bien vouloir l’informer « rapidement, avec une ’liste de destinataires’ à l’appui, du moment où les primes dues allaient être payées ». Il a précisé qu’il était « important d’honorer la loyauté et l’engagement du personnel en faisant preuve d’intégrité ».

Dans son courrier, Philipp Hadorn a poursuivi en exigeant qu’à l’occasion de la « prochaine réunion de la commission d’accompagnement (le 24 mars) les partenaires sociaux soient aussi intégrés dans les réflexions au sujet des profils professionnels, resp. pour l’attribution correcte des niveaux d’exigence ». Jusqu’ici, seule la CoPe était invitée à participer. « La qualification complémentaire de PWL doit être prise en compte dans le nouveau profil professionnel de manière à ce que les responsabilités supplémentaires soient dûment rémunérées. (...) Et si cela n’est pas réalisable avec ’ l’instrument standardisé Toco ’, alors il faut rechercher une alternative adéquate. »

Hanspeter Eggenberger, président central du personnel de la manoeuvre (RPV) et Sandro Kälin, comptent sur une augmentation de salaire sensible et durable pour les PWL, car leur formation demande du travail et de l’investissement personnel. Après avoir passé l’examen les PWL doivent maintenir leur niveau de connaissances et passer des examens périodiques. Et ils ont de plus grandes responsabilités.

Markus Fischer
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CFF Cargo à la recherche de son identité

Commentaire de Philipp Hadorn, secrétaire syndical en charge du team Cargo.

Bien entendu les profils professionnels évoluent, et c’est le cas aussi chez CFF Cargo. Selon la CCT, c’est la CoPe qui se charge du dossier. Nous sommes d’accord. Mais lorsqu’il s’agit de réévaluer les fonctions et de les classer dans les niveaux d’exigences, ou de définir une indemnisation des tâches complémentaires, là les partenaires sociaux interviennent. «ToCo» est certes un système d’évaluation analytique mais comme on le sait, ce système comporte certaines marges de manœuvre et diverses pondérations. CFF Cargo serait donc bien avisé d’intégrer les partenaires sociaux dans ces questions. Peut-être que pour CFF Cargo, il est actuellement très difficile de planifier l’avenir. Les «programmes de réduction des coûts structurels» sont en progression et les phases se succèdent, toutefois CFF Cargo doit développer une stratégie tenant compte autant des objectifs d’autonomie financière que de ceux du transfert du trafic, qui est la perspective d’avenir. Les changements réguliers au niveau du management et un Conseil d’administration encore inexpérimenté n’aident pas vraiment... Nous recommandons à CFF Cargo de développer avec le DETEC des stratégies qui positionneront l’entreprise en tant que partie de la solution pour atteindre les objectifs climatiques 2050. Et idéalement, les nouveaux propriétaires minoritaires devraient renoncer à se comporter en patrons de PME et agir dans l’intérêt de l’entreprise, en renforçant son développement avec des visions moins limitées au domaine du transport routier. Le personnel, la politique de transfert du trafic, l’environnement et le système de transport complexe de notre pays le méritent ! 

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