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Trains spéciaux pour fans de foot: La police des transports reste importante

Les trains de supporters – sous responsabilité commune des organisations faîtières de supporters de YB et de Fanarbeit Bern – circulent depuis le 11 septembre 2011 (photo keystone) et fonctionnent sans TPO. Mais pour le FC Saint-Gall, la TPO offre une sécurité supplémentaire.

Les CFF veulent retirer la police des transports (TPO) de pratiquement tous les trains spéciaux pour fans de foot. « Après des négociations intensives, nous avons obtenu que la police des transports ne doive accompagner plus que deux clubs (FCZ et FC St-Gall) » cite la « Berner Zeitung » (BZ) du 8 septembre. Selon un procès-verbal, trop peu de volontaires s’annoncent pour les trains de fans. « Les motifs principaux sont le job ingrat, les droits qui ne peuvent pas être appliqués, le manque d’arme, etc. » Les longues soirées et les week-ends de travail, et l’agressivité des fans rebutent aussi, écrit la BZ.

Le porte-parole CFF Christian Ginsig a expliqué à la BZ qu’il s’agissait avant tout de « limiter si possible les charges du personnel liées aux trains spéciaux pour les fans ». Selon lui, les expériences faites ces dernières années avec des mesures répressives démontrent que d’autres modèles sont nécessaires pour accompagner les fans. Les organisations de fans doivent être mieux intégrées et prendre leurs responsabilités. Et les policiers des transports ainsi libérés pourront être engagés plutôt pour augmenter la sécurité dans les gares de départ et d’arrivée. Mais ce que Ginsig ne dit pas : la police des transports préfère placer ses gens à des endroits plus lucratifs comme à la ZVV zurichoise ou sur sol genevois.

Depuis quelques années déjà, les trains de fans des Young Boys roulent sans police des transports. Au lieu de cela, 10 à 15 accompagnateurs de fans sont présents en plus du personnel d’accompagnement des trains. Depuis novembre 2015, ceci vaut également pour les trains de fans bâlois du FCB. Et les CFF ont convenu avec d’autres clubs qu’ils mettraient à disposition le personnel des trains et des locs mais plus de policiers des transports, en lieu et place ils proposent des encadreurs qui se chargeront d’accompagner les fans et de nettoyer les trains. La police des transports a baissé progressivement le nombre de policiers sur les trains, passant de 10 ou 12 en 2012 à 2 ou 3 aujourd’hui. Et selon la BZ, ils «ne peuvent pas entreprendre grand-chose» contre 700 fans dans un train ...

Ce retrait de la TPO est-il une capitulation face à des fans prêts à commettre des actes de violence, comme ceux en mai dernier qui ont chassé les policiers et le personnel du train de fans du Grasshopper, mécanicien y compris ? L’initiative a été prise par la direction de la police des transports. Lors de «négociations dures mais constructives», le FC St-Gall a pu convaincre la TPO de continuer à accompagner ses trains. Il faut du personnel qualifié qui connaisse les trains et qui puisse administrer des premiers secours, a déclaré à la BZ le responsable de la sécurité. Ces trains seront maintenant accompagnés par des policiers des transports qui apprécient volontiers de travailler avec la jeunesse.

« Non seulement les policiers des transports mais aussi le personnel des trains et des locs doivent avoir de bonnes relations avec les fans et des compétences sociales élevées », déclare Ruedi Baumann, vice-président ZPV Säntis Bodensee, qui accompagne des trains de fans du FC St-Gall. « Il est préférable que ce soient toujours les mêmes personnes qui accompagnent ces trains afin de pouvoir établir un rapport de confiance avec les responsables des fans. La présence de la police des transports est importante car elle dispose de la formation et des compétences d’un organe de police lorsqu’il faut par exemple dissuader les fans de quitter le train. Elle a aussi des contacts directs avec les spécialistes en matière de fans de la police cantonale et peut évaluer quels fans peuvent représenter des risques. Les encadreurs de fans ne peuvent pas effectuer ce genre de tâches. »

Pour le secrétaire syndical Jürg Hurni, les CFF restent responsables de la sécurité du personnel : « La police des transports doit avoir suffisamment de personnel pour pouvoir agir dans les trains en cas d’urgence. »

Markus Fischer

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