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Une lueur d’espoir sur les lacs de Neuchâtel et de Morat après la galère

Le personnel de la LNM peut désormais voir son avenir, et celui de l’entreprise, avec une lueur d’espoir. Le directeur a en effet quitté ses fonctions en début de semaine. La mobilisation du personnel a été fondamentale dans l’analyse effectuée par le Conseil d’administration. Récit d’une bataille pour sauver des emplois et une compagnie de navigation.

Des eaux plus calmes pour la LNM

L’été dernier, un article de l’Express/Impartial mettait le feu aux poudres sur les rives du lac de Neuchâtel (voir contact.sev n° 13). Il y était questions des finances de la LNM et notamment des frais de formation qui les péjorent. «Cet article a suscité l’émoi chez les collègues, rappelle Jean-Pierre Etique, secrétaire syndical en charge du dossier, surtout qu’il y était écrit que «les gens étant formés, ces dépenses ne plomberont pas les années à venir». Or, les collègues voyaient bien que l’âge du personnel navigant était en hausse. En effet, dans quatre à cinq ans, six employés auront l’âge de la retraite, ces personnes devront être remplacées.»
A partir de là, tout s’est accéléré et les langues se sont déliées. Jean-Pierre Etique a écrit un rapport en septembre à l’attention du Conseil d’administration où étaient recensées les inquiétudes du personnel et les dysfonctionnements observés. «Aujourd’hui, le personnel est certes soulagé de voir le directeur partir, mais notre objectif n’a jamais été de voir tomber des têtes, mais bien d’assurer l’avenir des emplois, l’avenir de la LNM. Le personnel a tiré la sonnette d’alarme parce que les conditions de travail étaient devenues mauvaises. Nous avons constaté des manquements importants en termes de gestion de l’entreprise et des ressources humaines. Il en a résulté une perte de confiance des employé-e-s envers la direction.» Les problèmes étaient si profonds que la concession de l’Office fédéral des transports n’était pas garantie pour 2017.
«Un conseil d’administration responsable»
L’entreprise est désormais dirigée ad interim par une entreprise externe en attendant que soit engagé un nouveau directeur. C’est un nouvel élan qui lui est donné. Dans ce contexte, Jean-Pierre Etique tient à saluer la qualité du partenariat social avec le conseil d’administration. «Il a été à l’écoute de nos revendications, de manière responsable. Il n’a pas pris pour argent comptant nos remarques et s’est donné les moyens d’en vérifier la pertinence. Il me tient donc à cœur de saluer ici le travail effectué par le CA pour le bien de l’entreprise, même si dans sa communication externe on ne trouve aucune trace de l'implication du personnel, ni du SEV. Le personnel a fait preuve de professionnalisme, lui qui a continué son travail chaque jour malgré un climat difficile.»
Informé le 19 janvier des changements, le personnel a pris note qu’il allait devoir s’impliquer pour la nouvelle culture d’entreprise souhaitée par le CA. Dans la salle, on a pu sentir la volonté de continuer à s’investir pour la LNM. Une voix résume la motivation du personnel: «On a réagi parce qu’on tient à la LNM.»
Le président du CA, Olivier Arni, a demandé que tout le monde tire à la même corde et a rappelé qu’«on est tous sur le même bateau», reconnaissant que la formule était facile. L’assemblée a aussi poussé un «ouf» de soulagement car l’OFT vient d’accorder la concession pour deux années. «Mais notre objectif est de l’obtenir pour dix ans dès 2019, histoire de naviguer sereinement en 2022, année des 150 ans de la compagnie», a insisté Oliver Arni. A tête reposée, Jean-Pierre Etique jette un regard plein d’optimisme sur ce dossier. «Les collègues étaient en pleine galère, ils se sont investis, ont tenu bon et cela a payé.»

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