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Conférence romande des sections 2026

« Être forts, ensemble »

Le 18 février, à l’Espace Dickens à Lausanne, la traditionnelle conférence romande des sections a permis à la direction syndicale de partager avec les représentant·es des sections les principaux enjeux syndicaux et politiques pour le SEV cette année et de repartir dynamisé·es après l’intervention de Samuel Bendahan l’après-midi.

« C’est avec plaisir que je vois une salle pleine à craquer. Il y a 65 président·es et membres des comités de presque toutes les sections CFF et de toutes celles de la VPT ! » s’est réjoui en ouverture Tony Mainolfi, organisateur de la journée.

« L’année 2026 ne sera pas une partie de plaisir », souligne le président du SEV Matthias Hartwich. Il explique comment le SEV entend relever les défis à venir. « D’un côté, nous avons le partenariat social, les CCT, des interlocuteurs fiables. Si ce n’est plus le cas, nous devons être en mesure d’acquérir et d’imposer le respect nécessaire, ce qui nécessite parfois des campagnes et des actions. » Il évoque les accords bilatéraux III entre la Suisse et l’UE, qui occuperont le SEV dans un avenir proche. Grâce à son excellent travail en coulisses, le SEV a pu obtenir de nombreux acquis lors des négociations. Malgré l’ouverture, le principe « des salaires suisses sur les rails suisses » est maintenu. L’horaire cadencé, les tarifs et les sillons restent également inchangés.

Patrick Kummer, vice-président, et René Zürcher, en charges des CFF, ont rendu compte des négociations de 4 BAR (réglementations sectorielles de la durée du travail) aux CFF. La base se prononcera ces prochaines semaines sur un résultat que le SEV propose d’accepter. D’autres BAR seront ensuite négociées. La « tournée des BAR » n’est donc pas finie, comme a ironisé René. Les améliorations de la CCT CFF sont aussi en négociations. Les allocations des tunnels et pour le travail du dimanche sont un moyen de rendre le travail attractif et pour les CFF de garder les compétences. La question de la sous-traitance a été soulevée par la salle. La direction syndicale a rappelé que nous ne voulons pas de dumping social et salarial engendré par la sous-traitance dans nos branches. « En Europe, on compte jusqu’à 17 niveaux de chaîne de sous-traitance, c’est irresponsable », a rappelé Pablo Guarino, vice-président. « La question se pose aux CJ », a fait remarquer un participant. Et la sous-traitance de tâches Transsicura vers Securitas. Le désastre de la politique de CFF Cargo et ses conséquences pour nos collègues a aussi été présentée. Une réponse politique doit émerger.

Pablo Guarino a souligné également l’importance d’un SEV fort : « Le ton des négociations avec les entreprises est devenu plus dur. C’est pourquoi nous devons nous montrer unis, combatifs et confiants. La période est exigeante et tendue à cause du contexte d’austérité. La base de tout, c’est notre représentativité et notre capacité à nous mobiliser. Convainquez vos collègues que cela vaut la peine de se syndiquer. C’est ça qui nous permettra d’être forts, ensemble, pour les combats à venir. Notre force collective, nous l’avons par nos sections très bien organisées qui sont le cœur du SEV. Nous observons des comportements anti-syndicaux dans les entreprises, c’est inacceptable. Signalez-les nous systématiquement afin de permettre au SEV d’agir. »

Santé, fusion, syndicalisation

Il a présenté ensuite les enjeux syndicaux de la fusion en cours dans le canton de Vaud entre MBC, Travys et LEB et les premiers résultats encore partiels de l’enquête d’Unisanté sur la santé de la branche bus. Nous y reviendrons prochainement. La matinée a suscité un grand nombre d’interventions dans la salle tant sur les thèmes de la sous-traitance que sur ceux des horaires irréguliers, de la pénibilité du travail, en particulier à partir d’un certain âge et des mécanismes à mettre en place pour garder nos collègues en bonne santé. Trop d’entreprises utilisent les flexibilités de la LDT au maximum, à la limite du supportable. L’importance de garder nos collègues au SEV après leur départ à la retraite a été soulignée. Il y a de nombreux intérêts à rester membre.

Pour l’économiste Samuel Bendahan (CN (PS/VD), investir dans les transports publics et le personnel profite à toutes et tous.

L’après-midi, le conseiller national (PS/VD) et économiste Samuel Bendahan a fait une intervention des plus instructives sur les conséquences des mesures d’économies sur le développement des transports publics et sur les conditions de travail. Et ce message : défendre l’utilisation et l’investissement dans les transports publics, ce n’est pas seulement défendre son personnel et ses usagers, mais cela a du sens pour tous ceux qui roulent en voiture. Cela désengorge les routes par exemple. Investir dans le personnel, c’est aussi rendre les transports publics (TP) plus attrayants et efficaces avec des collègues plus épanouis. Il montre que choisir les TP n’est pas évident pour une grande partie de la population qui a un problème de pouvoir d’achat, son salaire stagnant alors que le prix des TP a lui augmenté en flèche. C’est encore plus difficile si on a dû acheter une voiture souvent indispensable dans les régions périphériques.

Il faut des transports publics agréables (accessibles, bien connectés, humanisés). « Cela vaut la peine d’investir dans les TP. On ne voit souvent cela que comme un coût, pourtant sans l’infrastructure et le personnel des TP, l’économie ne tournerait tout simplement pas », a-t-il rappelé.

Yves Sancey