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Les nombreuses tâches à venir de la branche touristique

Un hiver à oublier. Et maintenant ?

« Mauvaise », « une saison difficile », « certainement un résultat négatif » : cet hiver a été décevant pour la plupart des entreprises de remontées mécaniques, à quelques exceptions près. Et on ne s’attend pas à des améliorations. Il n’y a pas de recette toute faite, il faudra soit un soutien des pouvoirs publics, soit des fermetures de certaines installations.

Beaucoup d’efforts pour peu de plaisir: une photo qui représente bien l’hiver 2015/2016.

Le début a déjà été difficile: des températures élevées jusqu’en décembre, peu de neige et un gros déficit de réservations. La météo en général, l’économie morose et le franc fort ont eu leur lot de conséquences : la saison hivernale qui vient de se terminer est à oublier au plus vite pour de nombreuses entreprises de remontées mécaniques.

Ce n’est pourtant pas la première saison qui se déroule dans la douleur. Et l’avenir ne s’annonce pas beaucoup meilleur. Il y a d’énormes coûts d’investissements pour l’enneigement artificiel et les installations de transport. En même temps, la demande baisse sur les pistes, en tout cas en Suisse. Les touristes restent moins longtemps et choisissent leur destination au dernier moment. Mais lorsqu’ils sont là, toutes les offres doivent fonctionner, indépendamment du temps. Du point de vue syndical, on sait aussi que les conditions de travail sont toujours moins sûres. Dans ces métiers-là, en résumé, on travaille pour des salaires peu élevés, mais on se doit d’être à disposition 24 heures sur 24.

Lacunes stratégiques

Et maintenant ? Les entreprises ne peuvent pas influencer la météo, le taux de change et la situation économique. Un paradoxe quelque peu difficile à comprendre est que la branche des remontées mécaniques a fêté la décision du Parlement d’exonérer de l’impôt sur les huiles minérales le carburant destiné à tous les engins de damage, même ceux qui n’ont pas le filtre à particules. Comme si le changement climatique ne les concernait pas. Ainsi on investira encore plus fortement dans l’enneigement artificiel, jusqu’à ce que les températures soient définitivement trop élevées ou que le lieu soit définitivement en trop basse altitude. La condition sine qua non est qu’il y ait l’argent à disposition. Soit les pouvoirs publics réduisent les dettes, comme à Gstaad, ou font des prêts et des garanties, comme dans le domaine de Flims-Laax-Falera. Ou alors les remontées menacent de faire intervenir des financements privés, comme à Vals avec le financier Remo Stoffel.

Il n’y a pas beaucoup d’éclaircies en vue. Ceux qui s’en sortent mieux que la moyenne sont ceux qui sont aussi attractifs durant la saison estivale (la région de la Jungfrau par ex.), ou ceux qui ont un public-cible bien défini et fidèle (Heinzenberg ou Thusis), qui profitent d’attractions uniques (Zermatt). Le Schilthorn par exemple bénéficie de toutes ces conditions.

Concentration inévitable

A moyen terme, une concentration sur quelques domaines de sport d’hiver va se faire, avec une diminution du nombre d’entreprises et des conséquences sur les régions concernées et les places de travail. Envisager de tels scénarios maintenant et pas seulement après la prochaine saison catastrophique serait le signe d’une certaine force et d’un sens des réalités. Cela serait aussi plus clair pour le personnel.

Peter Peyer

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