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Morges

La lutte paie

Après une pétition en décembre demandant la pleine compensation du coût de la vie à hauteur de 1,7% signée par 191 salarié·es (photo) des Transports de la région Morges Bière Cossonay (MBC) et la saisie de l’Office vaudois de conciliation, la direction a enfin entendu raison. Alors qu’en décembre elle ne voulait pas entrer en matière sur le renchérissement, ce qui aurait conduit à une baisse réelle des salaires, elle a fait une proposition après la séance de conciliation du 12 mars. Celle-ci a été jugée insuffisante par le comité VPT-MBC qui a alors fait une contre-proposition acceptée par la direction, soumise au vote et plébiscitée par les collègues syndiqué·es à plus de 85%.

« On aurait pu s’épargner toutes ces démarches longues et laborieuses si la direction avait accordé dès le départ la pleine indexation comme la plupart des autres entreprises de transport public du canton de Vaud. Le personnel ne méritait-il pas un peu plus de considération ? », s’interroge Patricia Alcaraz, secrétaire syndicale SEV en charge des MBC. « Finalement, on arrive en effet à une indexation des salaires pour 2024 de 1,42%. La direction pourra certes être satisfaite qu’elle ne soit pas totale et les salarié·es se réjouiront qu’elle soit bien supérieure à la demi-indexation proposée par la direction en décembre.

Vu la détérioration des conditions de travail en 2024, avec des horaires comprenant notamment de grandes amplitudes, les 0,28 % manquants auraient été un geste de reconnaissance fort, alors même que la direction affirmait que le bien-être du personnel était une priorité », souligne-t-elle. Cela aurait été d’autant plus important pour motiver les collègues à porter les projets de l’entreprise à Bière et Denges qui vont demander une certaine flexibilité et un grand engagement.

La contre-proposition syndicale consistait en une augmentation de la grille salariale de 1170 francs pour toutes et tous. Chacun·e reçoit cette somme divisée par 13, ce qui fait 90 francs par mois. Cette mesure entre en vigueur avec un effet rétroactif au 1er janvier 2024. Ce montant correspond à 1,42% sur un salaire moyen de 6353 francs. Cette contre-proposition est assortie d’un accord de principe sur les services de l’année 2024, qui ne pourront pas être fondamentalement révisés. « Ce n’est certes pas idéal, mais, vu l’ampleur du changement d’horaire annoncé pour 2025, nous espérons que ce sacrifice sur les horaires 2024 aura un réel impact sur la création de celui de l’année prochaine. En effet, les collègues attendent de véritables améliorations de leurs conditions de travail sur le terrain, en particulier au roulement », conclut-elle.

Yves Sancey