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Actions, intérêts et espérance de vie menacent les perspectives de retraite

Les défaitistes savent y faire avec les caisses de pension

Les retraités ainsi que ceux qui espèrent l’être un jour, sont inquiets face aux signes venus des entreprises de la finance: même les rentes existantes n’y sont plus sacro-saintes.

Même avant le début de la chute du cours des actions, il y avait eu des signes inquiétants venus de Zurich, en ce qui concerne l’avenir des rentes des caisses de pension. La Caisse de pension de l’entreprise de conseil PricewaterhouseCoopers PWC (oui, celle-là même qui va élaborer des plans de démantèlement à CFF Infrastructure) va utiliser à l’avenir le modèle de rentes variables non pas uniquement sur les nouveaux retraités mais également sur les personnes déjà à la retraite. Elle brise ainsi un tabou: les rentes une fois promises sont, au niveau de la loi, intouchables. Il s’agit de droits acquis. L’entreprise affirme que cela ne concerne que la partie obligatoire du deuxième pilier.

L’autorité de surveillance du canton de Zurich a refusé l’adaptation du règlement. Elle a fait opposition mais PWC mène l’affaire au Tribunal administratif fédéral.

La « Neue Zürcher Zeitung » cite le gérant de la caisse de pensions, Josef Bachmann, qui dit cyniquement : « Nous ne souhaitons pas priver les retraités de quoi que ce soit, mais simplement faire moins de cadeaux. »

La PV SEV est fâchée

Le président central de la sous-fédération des pensionnés PV SEV, Ricardo Loretan, réagit horrifié ; il craint cette manière arbitraire et met en garde contre une violation de la bonne foi. Loretan souligne : « La PV SEV s’oppose vigoureusement à toute réduction des rentes déjà promises. »

Pour le moment, ce sont les nouvelles rentes qui sont de plus en plus menacées. Une autre entreprise de la finance, Credit Suisse, a brusquement diminué ses prestations en matière de caisse de pension, et a baissé le taux de conversion de 6 à 4,865%, ce qui revient à des diminutions de rentes d’environ un cinquième.

Conséquences perfides

Ici l’autorité de surveillance ne s’oppose pas, mais fait plutôt l’éloge de la vision à long terme des Conseils de fondation, vision qui suit le principe de capitalisation qui prévaut dans le deuxième pilier. Lors d’une journée des Conseils de fondation, les pessimistes sont même allés plus loin : alors que les taux de conversion au Credit Suisse et dans d’autres entreprises supposent que le (gigantesque) capital rapporte encore environ 2,5% de bénéfices chaque année, les experts ont estimé, lors de cette rencontre, qu’on peut s’attendre à un taux futur nul. Ce qui leur fait dire qu’il faut que le taux de conversion soit baissé en dessous de 4%. Il y a aussi des spécialistes qui pensent plus loin : la question se pose de savoir si on ferait profiter les retraités partis avec des taux pareils en cas d’améliorations ultérieures ?

Le chemin passe par l’AVS

Le lobby des banques et des assurances avait demandé, lors de l’introduction de l’obligation de contracter un deuxième pilier, qu’on utilise le système de capitalisation. Cela pour des raisons évidentes. L’AVS fonctionne au contraire sur le principe de répartition et souffre donc beaucoup moins (et plus lentement) des fluctuations des taux et des actions.

Cela signifie au niveau politique que l’avenir de la prévoyance vieillesse passe forcément par le renforcement de l’AVS.

Le Conseil des Etats a reconnu cela en prévoyant des rentes plus élevées dans le cadre de la « réforme Berset ». Mais il n’est vraiment pas certain que le Conseil national suive la même logique. Il n’y a qu’une approche totalement sûre : l’initiative populaire AVSplus, qui arrivera devant le peuple normalement en septembre. Avec l’augmentation de toutes les rentes à hauteur de 10%, ce sera une réponse adaptée aux coupes, en cours ou à venir, des caisses de pension.

Peter Moor/Hes

AVSplus : un peu de justice réparatrice pour les femmes

Le 8 mars, la journée internationale de la femme a été l’occasion pour les activistes syndicales de distribuer dans toutes les grandes villes de Suisse un dépliant sur l’initiative AVSplus qui demande que l’AVS soit renforcée (le 8 minutes). Accompagnées dans leur combat par des figures de boxeuses, elles demandent qu’« AVSplus donne plus de punch aux femmes! ». Les syndicalistes de l’USS mettent ainsi le doigt sur le rôle central que joue l’AVS dans la prévoyance vieillesse des femmes. Car il n’y a que dans l’AVS que les femmes sont traitées à égalité avec les hommes et reçoivent des rentes aussi élevées. Elles perçoivent par contre moitié moins d’argent des caisses de pension que leurs collègues masculins et 38 % des retraitées doivent se contenter des seules rentes AVS. Voilà pourquoi il faut renforcer l’AVS. Les femmes ont donc tout intérêt à ce que la perspective dans la prévoyance professionnelle s’éloigne des caisses de pension pour se recentrer sur l’AVS. Elles luttent en outre contre l’élévation injuste de l’âge de la retraite des femmes ainsi que d’autres fantasmes de démantèlement brandis par le camp bourgeois dans le dossier de la prévoyance vieillesse. Et cela afin que l’égalité ne s’applique pas seulement pendant la vie active, mais aussi ensuite.

Dans le débat actuel, on oublie trop souvent que les femmes sont déjà désavantagées dans la prévoyance vieillesse: en raison de travail à temps partiel, d’interruptions de carrière et de bas salaires, beaucoup d’entre elles ne peuvent économiser suffisamment pour leur retraite.

Ou ne peuvent même pas travailler jusqu’à 64 ans parce qu’elles s’occupent de leurs proches. Elles paient un lourd tribut en recevant des rentes d’autant plus basses.

La retraite à 65 ans ans? Non merci!

Lettre géante à Alain Berset! (photo: Eric Roset)
A Genève, une lettre contre la retraite à 65 ans a été signée et sera envoyée à Alain Berset. « Cher Monsieur Berset, Monsieur le Conseiller fédéral, nous vous adressons cette lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps. Nous avons reçu l’information que nous n’aurons la retraite qu’à 65 ans. Nous n’en voulons pas de cette mauvaise mesure. Nous ne voulons pas au nom de l’égalité confisquer du travail aux jeunes ou pointer au chômage. (...) Nous nous mobiliserons.» Cette lettre a été signée au terme du défilé à Genève le 8 mars dernier. Une lettre à fredonner évidemment sur l’air du «Déserteur» de Boris Vian pour s’opposer clairement au projet de Prévoyance 2020 du Conseil fédéral et du ministre de l’Intérieur. Les organisations syndicales et partis de gauche genevois ont réuni près de 100 femmes et hommes selon le modèle des «fausses» manifestations de droite. Vêtements chics, perruques blondes et ironie étaient de mise. «Egalisons l’exploitation», «Au boulot jusqu’au tombeau!» Une retraitée a commenté dans le Courrier du 9 mars: «J’adore, mais c’est fou comme il est difficile de scander des arguments contraires à ses idées!» Le choix des «fausses» manifestations n’a d’ailleurs pas que des adeptes chez les femmes qui estiment au contraire qu’il s’agit de trouver un message plus clair et de ne pas reprendre des codes que l’on critique habituellement.

De Genève à Fribourg, en passant par Neuchâtel et Lausanne, la Suisse romande a tout de même tenu à rappeler l’importance de cette journée, même si la mobilisation reste difficile. Les regards sont désormais tournés vers le 14 juin 2016, 25 ans après le fameux 14 juin 1991...

USS / Vivian Bologna

Commentaires

  • Schmid

    Schmid18/03/2016 12:57:12

    Obwohl ich die Pläne der PwC Pensionskasse absurd finde und gar nicht unterstütze, so ist doch ein Ausbau der AHV der absolut falscheste Weg! Die Aufteilung zwischen Umlage und Kapitaldeckungsverfahren ist das einzig richtige! Auch wenn aktuell schwierige Zeiten sind, für beide AHV und PK's wegen den tiefen Zinsen. Sollten diese wieder steigen, haben die Stiftungsräte in den Pensionskassen es in der Hand über höhere Verzinsungen der Altersguthaben oder Zuschüsse zu den laufenden Renten, die tiefen Umwandlungssätze zu kompensieren!

  • Martinez Jose Luis

    Martinez Jose Luis09/05/2016 10:50:16

    Des voleurs et c'est tout !
    Les caisses, on le sait, on eu des bon Rendements ces derniers temps, il faut arrêter de nous mener en bâteau !
    Ils se remplissent les poches sur notre dos, et après ils veulent encore augmenter l'âge de la Retraite, et diminuer les rentes, on côtise chaque fois plus, pour chaque fois recevoir moins, chercher l'erreur !
    Et les syndicats feraient mieux de se battre aussi, pour faire baisser l'âge de la Retraite pour ceux qui ont fait des années d'horaires irréguliers, car ne l'oublions pas, sur ce qu'ils ont gagné en plus Avec les indemnités (nuit, dimanches, etc.) ils ont également COTISE 'plus, car sur ces gains, les cotisations AVS et DEUXIEME PILIER sont prises !!
    Et comme vu ce jour, certain aimerait nous faire bosser jusqu'à 70 ans, c'est clair,assis derrière un bureau,et en commençant à travailler à 30 ans, après les études, l'usure physique n'est pas la même !!
    Syndicats, bouger vous le popotin, cela ne peut pas durer ainsi, et je ne parle pas des couples qui "divorcent à 62 ans, pour ne pas toucher une rente de conjoints !!

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