Notre travail mérite de bonnes rentes

13e rente AVS

Toute personne mérite une bonne rente après une vie de travail. Notre Constitution le dit d’ailleurs expressément depuis presque 50 ans. Mais la réalité est malheureusement toute autre. Dans les faits, la moitié des personnes parvenant aujourd’hui à la retraite doivent s’en sortir avec une rente mensuelle inférieure à 3439 francs. Les femmes sont encore plus durement touchées : leurs rentes sont inférieures de plus d’un tiers à celles des hommes. Pour beaucoup d’entre elles, la pauvreté durant la vieillesse est un risque bien réel. Et la situation ne fait qu’empirer : en raison des faibles taux d’intérêt, les rentes des caisses de pensions sont en constante baisse depuis plus de dix ans. Une fois réglés le loyer et les primes maladie, beaucoup de gens n’ont plus grand-​chose pour vivre.

Les personnes qui ont pris leur retraite en 2019 touchent 6,8 % de moins que leurs collègues partis deux ans plus tôt, soit en 2017 (valeur médiane). Alors même que les salaires et les revenus ont augmenté durant la même période et que jamais les assuré-​e-s n’ont versé pour le 2e pilier des cotisations aussi élevées qu’aujourd’hui. Cette initiative tombe à pic, car la prévoyance professionnelle est de toute évidence à la croisée des chemins.

L’initiative est simple, mais elle fait mouche : elle demande l’introduction d’un versement supplémentaire, chaque année, d’une rente mensuelle de l’AVS. À l’instar du 13e salaire que presque tout le monde touche aujourd’hui. Calculé sur une base mensuelle, cela correspond à une augmentation de 8,33 % de la rente AVS. Le caractère compensatoire de l’AVS fait que ce sont les personnes à bas et moyen revenus qui en bénéficieront le plus. Les personnes qui touchent des prestations complémentaires ne seront pas pénalisées, au contraire : elles doivent aussi pouvoir profiter de la 13e rente AVS.

L’AVS a le meilleur rapport cotisation/prestation et offre pour la grande majorité de la population la possibilité la plus avantageuse d’améliorer les rentes. En revanche, le développement du 3e pilier prôné par les banques et les assurances n’est pas une option pour assurer la prévoyance vieillesse. Dans l’AVS, les employeurs et les hauts revenus participent au financement pour toutes et tous, contrairement au 3e pilier. Par ailleurs, l’USS exige que l’AVS bénéficie d’une contribution financière tirée des bénéfices de la Banque nationale.