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sur les traces de…

Hanspeter Eggenberger, chef de manœuvre

La pénurie de personnel préoccupe aussi les gens de la manœuvre : la surcharge de travail et les heures supplémentaires ne gâchent pas seulement l’ambiance mais conduisent aussi de plus en plus à des problèmes de santé parmi ses collègues, comme l’explique Hanspeter Eggenberger, président central du personnel de la manœuvre.

On lit régulièrement dans les journaux que les CFF manquent de mécaniciens de locomotives et de personnel des trains. Mais d’autres domaines sont aussi concernés par la pénurie de personnel, dont la manœuvre. En gare de Buchs, où Hanspeter Eggenberger travaille comme chef de manœuvre opérationnel à CFF Cargo, il ny ’a actuellement pratiquement plus de jour où on travaille en brigade complète: «Cela veut dire que trois collègues doivent souvent faire le travail de quatre – et ils n’ont pas plus de temps», raconte le président central de la sous-fédération RPV. En outre les collaborateurs doivent assurer souvent des remplacements. A Voyageurs, le manque de personnel est si grave actuellement qu’une prime de 80 francs est payée à ceux qui acceptent de travailler sur un jour libre.

Hanspeter Eggenberger poursuit: «Nous avons des collègues qui comptent 180 à 200 heures supplémentaires. La situation du personnel est si tendue qu’il n’y a actuellement aucune possibilité de rendre ces heures. Si nous devions compenser toutes les heures supplémentaires jusqu’à la fin de l’année, la gare de Buchs pourrait fermer.» Les collègues sont donc pratiquement obligés d’accepter le paiement de ces heures. Pour beaucoup c’est en ordre. Mais d’autres aimeraient bien récupérer leur temps libre. Le président central ajoute: «Dans de tels cas on devrait trouver une meilleure solution.»

Hanspeter Eggenberger pense qu’une des causes de cette pénurie de personnel est à chercher dans les conditions de travail peu attractives, raison pour laquelle les places au concours restent souvent vacantes. «Beaucoup de jeunes ne veulent plus travailler en tours irréguliers et les week-ends – en tout cas pas pour ce salaire», considère le président central qui travaille depuis longtemps aux CFF. «Embauché de la rue», on gagne dans les 50000 francs, peut-être 60000. «Pour ce salaire, je peux aussi aller remplir les rayons chez Lidl, je travaillerais au chaud et au sec et j’aurais des horaires réguliers.»

Mais, selon Eggenberger, le plus grand problème c’est RailFit 20/30 et les autres réorganisations permanentes. «Bien qu’on travaille déjà au taquet, les réorganisations continuent – sur le dos du personnel», s’indigne-t-il. C’est ainsi que, dans son domaine, le nombre de personnes parties à la retraite avec Valida est bien plus élevé que ce qui était attendu. Dans une interview CFF, le chef du personnel Markus Jordi a déclaré récemment qu’il faut réduire la pression et le rythme et laisser «respirer» l’organisation. «Le lendemain, chaque collaborateur Cargo a reçu un mail avec des informations sur une nouvelle réorganisation ORS-ORL. Je me demande vraiment si ce ne sont que de beaux discours.» L’ambiance parmi les collègues est très tendue actuellement: «Je remarque que beaucoup de collègues sont à bout de souffle.» Mais la disponibilité des gars de la manœuvre reste élevée: «Pour nous il s’agit plus souvent de faire marcher la boutique que de savoir si notre santé suit.» Mais la surcharge du personnel et le manque de possibilités de récupération ne pèsent pas que sur l’ambiance: «Dans notre travail, les signes d’usure et les problèmes articulaires ont toujours été présents. Mais les jours d’absence et les ma-ladies de longue durée sont en nette augmenta-tion », tel est son souci.

Elisa Lanthaler

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Bio express

Hanspeter Eggenberger préside la RPV depuis 2003. Il a aussi été quatre ans à la CoPe. L’année dernière il est entré au Conseil de fondation de la Caisse de pensions CFF. Originaire de la Vallée du Rhin, il est né en 1963 et a grandi dans la ferme familiale. «Mes parents auraient préféré que je devienne menuisier ou maçon », raconte ce père de deux filles adultes qui vit à Buchs avec sa partenaire. Mais un stage aux CFF l’a «chopé par la manche» et le salaire d’apprenti était aussi un élément convaincant. Depuis son apprentissage d’exploita-tion, Hanspeter Eggenberger est resté aux CFF et il fête cette année ses 40 ans de service et ses 40 ans d’affiliation au SEV. «C’est le maître d’apprentissage qui m’a tendu à la halle la déclaration d’adhésion à signer. C’était comme cela à l’époque : cheminot voulait dire aussi membre SEV ». Après son apprentissage, Hanspeter Eggenberger a travaillé 30 ans comme chef de manœuvre. Il y a 3ans, on lui a demandé s’il voulait devenir chef de manœuvre opérationnel à Cargo Transport. Une reconversion professionnelle à 50 ans, voilà un vrai défi: «C’est un âge où on n’apprend plus si facilement.» Il s’est bien mis à son travail de bureau. Il est maintenant responsable des contrôles des voies et des entrées des trains et s’occupe des formalités de dédouanement dans cette gare frontière.

Commentaires

  • Joel Mühlethaler

    Joel Mühlethaler07/11/2019 06:16:04

    Genau solche Probleme habe ich an der GV2018 des RPV Zürich angesprochen, dass man da dringend etwas machen müsse übrigens auch bei der Wagenreinigung. Die Antwort vom Damaligen Vizepräsident Manuel Avalone war:" Da können wir nicht viel machen." Was für mich eher heisst da wollen wir nicht viel oder nichts machen. Diese Probleme sind schon lange bekannt, aber es ist halt nicht Zug oder Lokpersonal das betroffen ist, sondern so fühlt es sich zumindest an "minderwertigeres Personal." Das muss ändern es braucht jeden einzelnen damit die SBB funktioniert. Nur während Verwaltung und HR eher überbestände haben, ist der Mangel an der gesamten Front erheblich. Auch die Lohnungleichheit und dass man mit tieferen Kategorien teilweise mehr verdient als in den höheren ist äusserst fragwürdig.

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