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Grève sur le bassin suisse du Lac Majeur

La grève s'est terminée

Au centre du conflit avec la NLM, la valeur du travail et du personnel qui, jour après jour, l'ac-complit avec compétence et professionnalisme n'a jamais été perdue de vue. La grève s'est terminée après 20 jours grâce à un accord passé entre le canton du Tessin, qui a œuvré en tant que médiateur, les trois syndicats et la ville de Locarno. Cet accord a été présenté aux médias le samedi 15 juillet.

Lundi 17 juillet

Le personnel NLM employé sur le bassin suisse a été bafoué par son employeur qui a prononcé un licenciement collectif, le balayant ainsi de l'échiquier comme s'il était constitué de figures anonymes, afin de donner le champ libre au nouveau consortium. Les collaboratrices et collaborateurs ressortent renforcés de ces 20 jours de grève, même s'ils sont épuisés. Non sans raison, les secrétaires syndicaux Angelo Stroppini (SEV), Lorenzo Jelmini (OCST) et Gianluca Bianchi (Unia) ont évoqué cette bataille en tant que valeur symbolique importante qui va servir d'exemple dans le futur.

Un point final a été mis à cette première phase du conflit. Maintenant débute la phase suivante: le consortium qui doit octroyer aux employés les garanties d'emploi et de salaire convenues avec le canton et la ville de Locarno va tout d'abord être constitué. Ensuite, une convention collective de travail (CCT) devra être négociée, ceci est une exigence du canton. Dans cette prochaine étape, les trois syndicats SEV, Unia et OCST continueront à collaborer étroitement pour la sauvegarde des intérêts des employés. Mais encore plus qu'un front syndical commun, c'est la cohésion des travailleuses et des travailleurs qui sera importante. Des personnes qui ont toujours fait preuve de courage et de détermination malgré l'humiliation qui leur était infligée.

Les employés connaissent le lac comme leur poche. Ils ont une grande expérience et effectuent leur travail avec professionnalisme. Ce serait une erreur et un manque de vision à long terme de ne pas tenir compte de ces précieuses ressources pour définir l'avenir de la navigation sur le Lac Majeur. Les trois syndicats s'efforceront d'intégrer ce savoir-faire dans les futures discussions, auxquelles participera aussi le canton du Tessin en tant que médiateur et de garant. Les syndicats restent sur le qui-vive.

Lorenzo Jelmini a souligné la dimension politique du conflit: «La grève est une arme légitime ancrée dans la législation suisse et nous avons eu recours à cette arme car le personnel se trouvait le dos au mur. Ces personnes n'ont pas mérité le sort qui leur était réservé. Par cette grève, elles ont défendu les salaires qui leur permettent de vivre dans ce canton avec leurs familles. Il est étonnant qu'une seule commune, celle de Locarno, ait pris ses responsabilités en tentant de rechercher avec le Conseil d'Etat une solution durable à ce problème.»

Gianluca Bianchi résume très bien l'attitude du personnel concerné: «Les 34 matelots, avec leurs 34 cœurs plein de courage, ont gagné cette dure bataille parce qu'ils sont restés vaillants et déterminés!»

Mardi 11 juillet

Mardi, 13 451 signatures ont été remises à la Chancellerie d’Etat à Bellinzone. Des signatures ont aussi été envoyées des quatre coins de la Suisse, portées par un souffle de solidarité inédit.

Jeudi 6 juillet

Lors de la rencontre avec le Conseil d'Etat de ce jeudi matin, les syndicat et les grévistes ont pris acte des avancées de l'exécutif pour résoudre le conflit. Les ouverture se situent dans le maintien des emplois et l'obligation de négocier une CCT pour le consortium appelé à exploiter les lacs tessinois dès 2018. Ils demandent toutefois le maintien des conditions de travail et salariales actuelles. Dans un canton sous pression comme le Tessin, cette exigence est fondamentale. La grève continue vendredi.

Mercredi 5 juillet

La pétition "Sauvons les emplois et le service public sur le lac Majeur" connaît un vif succès. Plus de 5000 signatures ont été récoltées à ce jour et seront déposées mardi 11 juillet à la Chancellerie. L'assemblée du personnel de la NLM a voté la poursuite de la grève ce jeudi. Pour l'heure, il n'y a pas de solution au conflit qui dure depuis le 25 juin suite au licenciement collectif de 34 employé-e-s de la NLM actifs sur le bassin suisse du Lac Majeur.

Mardi 4 juillet

Alors que des communes et des entités touristiques ont signé une lettre ouverte pour (r)appeler les grévistes à leur sens moral, des nageurs sont venus soutenir le personnel en grève depuis le 25 jiuin. Ils ont nagé dans les eaux du lac Majeur sur la trajectoire du "Verbania" pour le ralentir - comme ce fut le cas dimanche par des bateaux de pêcheurs. Le "Verbania" dessert depuis l'Italie le bassin suisse en grève pour court-circuiter le mouvement social. Avec l'autorisation extraordinaire de l'OFT.

 

Lundi 3 juillet

En ce lundi 3 juillet, après désormais 9 jours de grève, reconduite par le personnel, les travailleurs et travailleuses ont maintenu leurs revendications de maintien des emplois aux mêmes conditions de travail. Ils ont aussi donné un nouveau mandat aux syndicats: demander au Conseil d'Etat d'évaluer d'autres options que celle de la nouvelle entité, à commencer par une intégration au sein des FART (Chemins de fers et autobus régionaux tessinois).

Au cours de l'assemblée du personnel, plus d'un employé s'est demandé pourquoi le Conseil d'Etat a choisi la voie de la nouvelle entité sans impliquer le personnel et les syndicats. Avec leurs connaissances du terrain, ils auraient pu amener des idées. On n'en serait pas là. Et les grévistes, comme les syndicats ne s'exliquent pas l'opacité qui entoure cette nouvelle entité.
«Le désintérêt des autorités politiques cantonales et fédérales est grave. Au lieu de tout faire pour sortir de la tempête, on a toujours moins de réponses», a relevé Angelo
Stroppini, secrétaire syndical SEV. «Nous allons continuer à rompre ce silence assourdissant et embarrassant en faisant entendre la voix du personnel qui lutte avec une immense dignité», a ajouté Enrico Borelli, secrétaire régional d'UNIA.
«Notre devoir de syndicalistes est d'explorer toutes les portes de sortiei», a renchéri Graziano Cerutti de l’Ocst.
Une lettre adressée au Conseil d'Etat va dans ce sens. Demandant en premier lieu de chercher un rapprochement avec les FART (Les chemins de fer et autobus régionaux tessinois) avec qui des collaborations existent déjà pour la Caisse de pension. Par ailleurs, depuis sa création, le personnel de la NLM est soumis à la CCT FARTNLM; la liste des employés est FART-NLM et la collaboration est de mise depuis des années entre les FART et la NLM pour la gestion des salaires.
Durant l'assemblée, les grévistes ont exprimé leurs doutes quant à la gestion du bassin suisse du Lac Majeur par la SNL (Navigation de Lugano): le personnel a l'impression que l'on se dirige vers une privatisation de l'exploitation des lacs tessinois. Une perspective plein d'incertitude: «Qui nous dit que la SNL ne se retirera pas de la gestion sur le Lac Majeur après quelques années parce que ce n'est pas suffisamment rentable?», s'est demandée l'assemblée. La résiliation de la CCT par la SNL ne rassure guère. La SNL souhaite en effet avoir les coudées franches dans la gestion de son personnel. La récolte des signatures pour la pétition se poursuite (3000 à ce jour).

Dimanche 2 juillet

Ce dimanche 2 juillet, les gréviste ont rallenti le bateau Verbania avec des pédalos et des bateaux de pêcheur. La NLM a en effet fait partir d'Italie le Verbania pour desservir le bassin suisse en grève depuis le 25 juin. Avec l'autorisation extraordinaire de l'Office fédéral des transport (OFT). La tension monte d'un cran sur le Lac Majeur. Samedi 1er juillet, quelque 1000 personnes ont manifsté en soutien aux grévistes. La pétition a elle déjà récolté 2000 signatures en quelques jours.

Les syndicats SEV, Unia et Ocst qui défendent le personnel licencié collectivement - 34 personnes - ont qualifié dimanche d'«inacceptable le comportement de l'OFT qui a accordé une concession il y a six mois qui a permis ces licenciements. Et il y a quelques jours, l'OFT a octroyé une concession extraordinaire pour court-circuiter la grève. C'est tout simplement scandaleux car on ne pense qu'à la navigation et pas à la résolution du conflit dans lequel l'OFT est impliqué», a relevé Angelo Stroppini,
secrétaire syndical SEV.

«Complètement inadmissible – a ajouté Enrico Borelli, secrétaire régional d'Unia - si l'on pense que la grève est un droit garanti par la Constitution fédérale. Et c'est un droit inaliénable des travailleurs et travailleuses qui se battent pour leur place de travail et leur dignité. Nous n'acceptons pas que soient opposés les intérêts du tourisme et les droits du personnel.»
Graziano Cerutti, de l’Ocst a souligné que «l'action que nous avons faite était nécessaire. C'était un geste fort pour montrer que la dignité des travailleurs et travailleuses ne peut être piétinée».
La détermination des grévistes est intacte. Ils ont voté un nouveau jour de grève. La pétition de soutien a déjà recueilli plus de 2000 signatures.

Vendredi 30 juin

Malgré des discussions en coulisses, il n'y a de loint pas d'issue visible au conflit sur le bassin suisse du Lac Majeur. Le personnel licencié collectivement est en grève depuis dimanche 25 juin et a revoté la grève ce vendredi. Samedi 1er juillet une manifestation de soutien se déroulera dès 14h au débarcadère de Locarno.

Ce vendredi 30 juin, les grévistes ont réaffirmé leurs revendications: des emplois garantis pour les 34 personnes licenciées et aux mêmes conditions.

Jeudi 29 juin

«Reprenez le travail parce que votre grève nous est préjudiciable». Telle est la substance du message adressé par la direction de la NLM au personnel en grève et aux syndicats. Faut-il rappeler que le personnel n’est pas responsable de la situation actuelle?

L’assemblée du personnel, en ce 5e jour de grève, a analysé la requête de la direction et a rappelé ses propres revendications: le travail ne pourra reprendre que si des garanties claires en termes d’emplois et de conditions de travail sont sur la table. Dès que la NLM sera partenaire de l’entité appelée à gérer la navigation sur les lacs tessinois, alors elle pourra défendre les revendications de son personnel dans les cénacles appropriés. «Exiger du personnel limogé qu’il reprenne le travail comme si de rien n’était est pour le moins surprenant et est un faux prétexte», a indiqué le secrétaire syndical SEV Angelo Stroppini.

Pour mémoire, l’ensemble du personnel NLM actif sur le bassin suisse du Lac Majeur s’est mis en grève depuis dimanche 25 juin pour protester contre le licenciement collectif – 34 personnes au total – pour la fin de cette année. C’est de cette base qu’il faut partir pour trouver une solution dans l’intérêt des employé-e-s, de l’emploi, de la région, du service public et du tourisme. «Le personnel et les syndicats sont les premiers à souhaiter une issue au conflit et demandent donc aux acteurs publics et privés de prendre effectivement leurs responsabilités», a ajouté Enrico Borelli, secrétaire régional d’UNIA.

«Les syndicats ont bien conscience que la situation puisse avoir des conséquences sur le plan international», a relevé Angelo Stroppini. C’est pourquoi le personnel et les syndicats invitent la direction de la NLM à expliquer le conflit au Ministère italien des infrastructures et des transports, afin qu’il prenne contact avec les personnes en charge du dossier à la Confédération.

Les syndicats sont prêts à trouver une solution, tout en rappelant qu’ils ne peuvent fermer les yeux sur le futur des personnes licenciées et leurs familles. «La manifestation de ce samedi à 14h au débarcadère de Locarno leur est donc dédiée, ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui croient que le travail ne peux exister sans droits ni dignité», ont conclu Enrico Borelli et Gianluca Bianchi d’UNIA.

Ce jeudi, le personnel en grève a pu accueillir une délégation des syndicats italiens CGIL, CISL et UIL.

La grève continue vendredi.

Plus d’informations:

Angelo Stroppini SEV 079 479 05 63

Gianluca Bianchi Unia 079 786 78 10

Graziano Cerutti OCST 078 889 65 60


Mercredi 28 juin: 4e jour de grève

Une banderole en dit très long. La lutte ne flanche pas, la solidarité ne coule pas à pic. C'est l'état d'esprit qui règne ce mercredi 28 juin à Locarno en ce 4e jour de grève sur le bassin suisse du Lac Majeur. Alors qu'en coulissses, les syndicats - toujours prêts au dialogue - travaillent d'arrache-pied pour trouver une solution au conflit à la NLM. Le personnel a reconduit la grève et lancé une pétition de soutien.

Une décision visant à sauver leurs places de travail mais aussi leur dignité. Dans la pétition lancée ce jour, le personnel licencié demande que l’on tienne compte d’eux dans le cadre de la nouvelle entité qui devrait reprendre la navigation sur le Lac Majeur à partir de 2018.

Les signataires de cette pétition demandent au canton du Tessin de garantir tous les emplois et le maintien des conditions contractuelles actuelles.

Les pétitionnaires demandent non seulement d'améliorer l'offre touristique, mais aussi le maintien du service public (même en hiver). Par ailleurs, une manifestation aura lieu samedi 1er juillet à Locarno dès 14h.

Invitation à la manif du samedi, 1er juillet, 14 heures, à Locarno (download PDF - 0,8 MB) 


Mardi 27 juin: 3e jour de grève

Après trois jours de grève, le mouvement se poursuit sur le lac Majeur. Ainsi en a décidé le personnel ce mardi. Les réponses du Conseil d'Etat lors d'une rencontre lundi soir sont insuffisantes et n'offrent aucune garantie aux 34 personnes licenciées. Une manifestation aura lieu samedi à Locarno.

«Je suis profondément indigné. Et je suis ici au Tessin avec vous pour vous transmettre le soutien et la solidarité des matelots du Lac Léman. Pour être à vos côtés qui menez un combat exemplaire. Parce que ce licenciement collectif vous touche en premier lieu, vous et vos familles. Et c'est aussi une attaque au transport et au service public.» C'est avec ces mots que le capitaine Marco Formosa, président de la section VPT Lac Léman a soutenu les grévistes lors de la conférence de presse de ce mardi après-midi. Un soutien venu aussi de Jean-Daniel Ferrari et Patrick Morier de la LNM (Lac de Morat et de Neuchâtel). Patrick Morier, président de la section a enjoint les grévistes à "penser positif", évoquant le conflit que lui et ses collègues ont connu au sein de leur entreprise l'an dernier. Des messages accueillis par de longs applaudissements des grévistes, qui ont apprécié à sa juste valeur la visite de la délégation des lacs romands. Et devant leurs collègues, ils ont voté la poursuite du mouvement de grève.

Les applaudissements étaient de courte durée car devant la presse les syndicats ont évoqué la rencontre de lundi soir avec le président du Conseil d'Etat Manuele Bertoli et le conseiller d'Etat Claudio Zali. «Une profonde déception», ont affirmé le secrétaire syndical SEV Angelo Stroppini et Enrico Borelli, secrétaire régional Unia. Ils ont ajouté: «Nous avons écouté ce que les autorités politiques cantonales avaient à nous dire et nous nous sommes vite rendu compte qu'il y a surtout peu de clarté.» Lorenzo Jelmini et Graziano Cerutti (Ocst) sont allés dans le même sens.
 
«Ils nous ont dit que l'avenir de la navigation du Lac Majeur passe par cette entité composée de la NLM et de la SNL; ils ont assuré vouloir améliorer les services pour les usagers et le tourisme et affirmé que la NLM a les structures tandis que la SNL possède le savoir-faire. Tout cela reste cependant très abstrait et nous voyons mal comment peuvent être garantis à l'avenir des services aujourd'hui surtout assurés en hiver,» a souligné Stroppini. «La seule certitude ce sont les licenciements». Tous les syndicats attendent désormais du Conseil d'Etat qu'il s'engage vraiment en faveur du personnel qui a perdu son emploi et de leurs familles.
 
Les syndicats ont fait remarquer que la nouvelle entité qui ne devait d'abord être présentée qu'en fin d'année, puis avancée en septembre, devrait être connue fin juillet. Une annonce tombée étrangement après deux jours de grève. Tout le monde a bien conscience que la situation est délicate et complexe vu le nombre d'acteurs publics et privés impliqués dans ce dossier. Néanmoins, le front syndical garde le cap.
 
Dès lors, les objectifs des syndicats demeurent les mêmes, soit la sécurité pour le personnel par le biais du maintien de tous les emplois et des conditions de travail et salariales actuelle. Cette requête a été confirmée par l'assemblée du personnel qui a donc voté la poursuite de la grève. 

En attendant, les grévistes reçoivent des messages de solidarité des quatre coins du pays. Le soutien est venu aussi des collègues des ateliers CFF de Bellinzone. Prochainement sera lancée une pétition qui sera suivie d'autres mesures.
 
A commencer par une manifestation de soutien samedi à Locarno.


Lundi 26 juin: 2e jour de grève

«Nous sommes unis comme jamais, compacts et prêts à rester les bras croisés pour que soient entendues nos revendications.» Tel a été le propos d'un employé de la NLM en ce lundi 26 juin, 2e jour de grève sur le bassin suisse du Lac Majeur. Sous un soleil de plomb, l'assemblée du personnel a voté la poursuite de la grève à 13h30 au débarcardère de Locarno.

La solidarité de l'opinion publique et d'employés d'autres lacs suisses permet de cimenter la détermination des grévistes accompagnés par les syndicats SEV, UNIA et Ocst.

Le dialogue entre les parties se poursuit mais les syndicats sont inflexibles quant à la défenses des emplois et les conditions de travail des 34 personnes licenciées. Les syndicats et une délégation du personnel rencontreront ce lundi à 18h des représentants du Conseil d'Etat (dans la salle du Conseil communcal de Locarno).

Les collaborateurs NLM lundi à Locarno.

Au cours de l'assemblée du personnel, Angelo Stroppini (secrétaire syndical SEV), Enrico Borelli (secrétaire régional UNIA) et Graziano Cerutti (syndicaliste Ocst), ont réaffirmé que «toutes les décisions seront prises avec le personnel. Et l'objectif demeure de trouver une solution.» Ils ont reçu le soutien de l'Union syndicale tessinoire par le bais du président Graziano Pestoni: «La situation démontre bien que seul l'argent compte, pas les gens.»

Mardi 27 juin, les grévistes invitent la population à une grillade au débarcadère de Locarno dès 19h.


Dimanche 25 juin, premier jour de grève

L’assemblée du personnel de la NLM a décidé à l'unanimité de poursuivre le mouvement de grève le lundi 26 juin. La première journée de grève entamée ce dimanche 25 juin s'est déroulée sereinement.

Le personnel a surtout obtenu le soutien des usagers et des touristes qui ont laissé des messages dans le livre de la solidarité. Les grévistes invitent la population à exprimer sa solidarité aux 34 employés licenciés la semaine dernière et à participer aux actions qui se dérouleront au débarcadère de Locarno. Le dialogue reste ouvert, même si le personnel est déterminé à lutter pour sauver leurs emplois et leurs conditions de travail.

Vendredi 23 juin à 21h26, l'assemblée du personnel de la Société de navigation du lac Majeur, bassin suisse, vote la grève à l'unanimité pour ce dimanche 25 juin dès 10h. Un vote à main levée pour envoyer un signal clair contre ce naufrage humain et professionnel. Il s'agit d'un choix fort pris avec conviction et détermination. Un choix courageux pour répondre au licenciement collectif de 34 employés. Les enjeux sont nombreux: les droits du personnel, leur dignité et la valeur du travail, mais aussi une vision du service public garanti en tout temps et avec professionnalisme pour les habitants, les usagers, les touristes et les passagers occasionnels.

«Ils ont voté la grève pour montrer leur volonté de lutter pour leur avenir. Ils se battent ensemble», a relevé Angelo Stroppini, secrétaire syndical SEV. Enrico Borelli, secrétaire cantonal UNIA lui a emboîté le pas : « Le front syndical est uni et parle d'une seule voix. Il n'y a qu'unis qu'on peut gagner des batailles. » Leonardo Matasci, de l'OCST, est sur la même longueur d'onde. Il a souligné l'importance d'être compact alors qu'on est dans une période délicate. Du reste, certains travailleurs ont relevé que « la seule chose sûre, c'est qu'on a été licenciés et qu'on a perdu notre place de travail. ». Giorgio Tuti, président du SEV, a réitéré le plein soutien syndial : « Nous sommes ici pour vous accompagner et vous soutenir, parce qu'une grève ce n'est jamais simple. Dans ce dossier, vous qui travaillez et vos familles avez été oubliés. Tous ceux qui ont des responsabilités doivent désormais les assumer. »

Pendant la conférence de presse du dimanche matin, un petit historique a été présenté : « Nous avons régulièrement demandé des garanties instances privées et publiques qui gravitent autour de la NLM ». Durant la semaine, le personnel a distribué des flyers pour sensibiliser les usagers et l'opinion publique. Il y a beaucoup de solidarité. On la voit aussi sur les pages du livre que tout le monde peut signer sur les bateaux et dans les débarcadères. « Le personnel n'a pas voulu débuter la grève le samedi 24 juin pour permettre le déroulement d'une compétition sportive et le mariage d'un couple qui a choisi d'utiliser le bateau pour la cérémonie », a relevé Angelo Stroppini. Mais le licenciement collectif décidé par l'entreprise met à mal le travail et la responsabilité des travailleurs.

Les trois syndicats SEV, UNIA et Ocst ont eu des contacts avec la direction de la NLM, l?office fédéral des transports et le Conseil d'Etat tessinois. Et ces contacts se poursuivent avec détermination.

« Il ne s'agit pas de trouver le coupable entre ces trois acteurs, ont ajouté Stroppini et Tuti – mais plutôt de les pousser à collaborer afin de trouver une solution pour les travailleurs et travailleuses. » Car il faut le dire, ces trois acteurs ont bougé, « mais sans penser le moins du monde au personnel », a souligné Borelli. Sur le plan ministériel, la Suisse et l'Italie on signé un Memorandum d'accord pour améliorer la qualité du service sur le lac; des groupers de travail ont été créés  sur le plan ministériel et cantonal. « Ces groupes de travail, a précisé Angelo Stroppini, sont allés dans les détails, jusqu'à définir une amélioration de l'offre des billets. Il y a même une nouvelle concession qui a été signée. Elle prévoit une collaboration entre la NLM et la SNL (Lugano). Il y a quelque jours, nous avons appris que l'on se dirige vers la création d'un consortium entre la SNL (qui a résilié récemment la CCT) et la NLM. Mais comme l'on dit mes collègues syndicalistes, le personnel a complètement été mis de côté. La seule certitude, ce sont les licenciements pour la fin de l'année ».

L'histoire se répète: ce sont toujours les employés à faire les frais. Incacceptable pour les trois syndicats. « On ne sort d'une telles situation qu'avec la volonté de tous. Le personnel a tenté par tous les moyens de se faire entendre et de faire valoir ses arguments. Il n'a pas été écouté ».

Il ne reste donc que la grève tout en sachant de pouvoir compter sur la compréhension des usagers. « Ces derniers jours, ceux qui utilisent les bateaux ont compris ce que ça veut dire de travailler alors qu'on est licencié et sans avoir de perspective professionnelle et contractuelle », a conclu Stroppini.

Rappel de la situation :

Dès le 1er janvier 2018, la Navigazione Lago Maggiore cessera ses activités de service public sur le bassin suisse du Lac Majeur. Ce que craignaient les syndicats s'est donc réalisé. Le mardi 13 juin, les syndicats SEV, Unia, OCST et la commission du personnel NLM ont été informés du licenciement collectif de 34 employé-e-s travaillant sur le bassin suisse du Lac Majeur,14 employé-e-s fixes et 20 saisonniers.

La récente concession de l'Office fédéral des transports prévoit une possible collaboration entre  la  NLM et la Società navigazione Lugano avec pour objectif d'améliorer la qualité en tirant profit des compétences et des synergies des deux entités. Voilà pour les intentions, mais aujourd'hui concrètement, on ne voit que les 34 licenciements qui prendront effet le 1er janvier 2018. Rappelons en outre que la Società Navigazione Lugano a récemment résilié la CCT et interrompu les négociations en vue d'un renouvellement.

Syndicats, travailleurs et travailleuses des la NLM se sont retrouvés le 16 juin. La réaction risque d'être proportionnelle à l'attaque.

Ils demandent :

  • le retrait des licenciements à la direction de la Navigation Lac Majeur
  • des garanties précises à l’Office fédéral des transports sur la concession fraîchement octroyée
  • l’engagement des politiciens cantonaux afin de maintenir l’ensemble des 34 places de travail et les conditions de travail actuelles

Si d’ici le 23 juin 2017 ils n'ont pas reçu des signaux clairs sur les revendications, ils seront dans l’obligation de prendre d’autres mesures pour défendre leurs intérêts, ceux de leurs familles et du public.

Signez la pétition

Tout le personnel du bassin suisse du Lac Majeur a été licencié pour fin 2017. Maintenant, ils demandent que l’on tienne compte d’eux dans le cadre de la nouvelle entité qui devrait reprendre la navigation sur le Lac Majeur à partir de 2018.

Les signataires de cette pétition demandent au canton du Tessin de garantir tous les emplois et le maintien des conditions contractuelles actuelles. Les pétitionnaires demandent non seulement d'améliorer l'offre touristique, mais aussi le maintien du service public (même en hiver).

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Commentaires

  • Bugnon

    Bugnon 20/06/2017 15:27:23

    Pas normal c'est toujours les pauvres ouvriers qui font les frais. Les directeurs bande inccapable parte avec les poches pleines. Salopard.

  • Schwager Roland

    Schwager Roland 21/06/2017 21:19:42

    Das ist eine eklatante Verletzung der Konzession, die der NLM vom BAV sofort entzogen gehört. Eigentlich müsste man Ende Jahr der Gesellschaft die Schiffe konfiszieren und in eine neu zu gründende Schweizer Gesellschaft zu überführen. Der Druck muss gegen das BAV, den Kanton Tessin und das Ente Turistico aufgebaut werden mit dem Ziel, ein langfristiges gutes Angebot auf dem Verbano zu sichern, das dann die Arbeitsplätze garantiert.

  • Masini

    Masini 27/06/2017 14:25:52

    Courage pour votre lutte plus que justifiée... peut on signer une version électronique de votre livre en soutien ?

  • SEV

    SEV 28/06/2017 10:48:12

    On ne peut pas signer le livre de solidarité en ligne par contre vous pouvez nous envoyer un message de solidarité à Enable JavaScript to view protected content. et nous le transmettrons aux grévistes.
    Ce genre de messages leur donne énormément d'énergie.

  • Danielle

    Danielle 28/06/2017 16:02:15

    Que gronde l'indignation des navigants .... qu'ils démontrent au monde la solidarité qui unis les marins, les matelots, les gens de l'eau .... que la justice soit faite pour vous tous et pour les familles. Ce combat n'est pas seulement le votre, il touche chacun de nous. Par ces quelques mots je vous envoie tout mon soutien de femme de marin.
    Forza ragazzi !

  • Sabrina Tessmer

    Sabrina Tessmer 08/07/2017 12:47:43

    Macht weiter so, haltet durch und gebt nicht auf, es wird sie noch teuer zu stehen kommen. Wir stehen hinter euch und in Gedanken neben euch am Lago Maggiore. Nur gemeinsam sind wir stark! Kollegiale Grüsse vom ZPV.
    Sabrina Tessmer
    Vizepräsidentin des Zugpersonalverbandes (ZPV)

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