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Une étude confirme l’augmentation des conflits de travail depuis les années 90

Le retour des grèves

Dans de nombreux pays, les grèves sont monnaie courante. La Suisse a eu pendant longtemps la réputation d’être un pays sans grève. Mais aujourd’hui, la lutte pour les conditions de travail semble revenir en force.

Novembre 2014: grève aux TPG à Genève.

Les travailleuses et travailleurs suisses se mettent de plus en plus souvent en grève. Ce sont les conclusions d’une nouvelle étude de l’ancien président d’Unia, Andreas Rieger. L’étude examine l’évolution du nombre de grèves en Suisse depuis la Seconde Guerre mondiale.

Turbulences d’après-guerre

Entre 1944 et 1948, à la fin de la guerre, la Suisse a vécu un grand bouleversement dans le domaine de l’industrie. Les syndicats se sont battus durant cette période pour de meilleurs salaires et ils ont négocié des CCT dans le domaine de la construction et des fabriques. En ce temps-là, il y avait en moyenne en Suisse 33 grèves par année avec plusieurs milliers de participants. Les syndicats ont rencontré un franc succès : dans l’ensemble en 1948, à peu près la moitié des employés était protégée par une CCT.

La paix du travail

Après les turbulences de l’après-guerre, une longue période de paix du travail a suivi. Le nombre de grèves a atteint son seuil minimum dans les années 80. Andreas Rieger décrit ce temps en termes de « noces de la paix du travail ». L’économie était stable, on recherchait les bons employés qui se trouvaient alors en position de force vis-à-vis des employeurs. Les travailleurs ne faisaient la grève que dans des cas d’exception et en petits groupes. L’étude d’Andreas Rieger constate depuis 1993 un retour des grèves. L’économie suisse est alors tombée en récession ; il y a eu beaucoup de chômeurs. A cette époque, plusieurs milliers d’employés ont fait la grève en moyenne cinq fois par année.

Le nombre de grévistes par année selon Rieger. Graphique: ma

Travailleurs sur la défensive

Les motifs de grève sont aujourd’hui plutôt défensifs. Selon Andreas Rieger, la moitié des grèves est imputée à la prononciation de licencie-ments de masse et environ 20% d’entre elles sont une protestation contre les détériorations des conditions de travail. Autrefois, on faisait la grève de manière plus offensive : les travailleurs exigeaient des améliorations des conditions de travail et des salaires corrects. Voir la Suisse comme « le pays sans grève » est devenu un mythe selon les mots d’Andreas Rieger, même si, en comparaison avec les chiffres européens, le nombre de grèves reste relativement bas.

Karin Taglang/mv

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