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Grève aux TPG: le point de vue de Giorgio Tuti

«Une victoire de la base»

Présent à Genève lors de l’assemblée qui a voté la fin de la lutte, le président du SEV, Giorgio Tuti, revient sur ce mouvement et sa signification pour le SEV et le monde syndical.

4 décembre au Bachet: la secrétaire syndicale Valérie Solano vient de lire l’accord négocié. Le président du SEV, Giorgio Tuti, félicite les collègues: «Ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu!» (Photo: Vivian Bologna)

«C’est d’abord une victoire de la base, de la section. Ce sont les collègues du terrain qui se sont mobilisés, qui ont décidé de se battre contre les coupes, pour le maintien de leurs emplois, de leurs salaires, des acquis des retraités, mais aussi pour un service public de qualité!»
Giorgio Tuti, président du SEV, savoure cette victoire qui est aussi celle du SEV: «Nous avons montré encore une fois que lorsque ça devient nécessaire, le SEV est capable d’entrer dans une logique de lutte. Cette grève était légitime car il n’y avait plus d’interlocuteur, les négociations étaient devenues impossibles. On aurait volontiers fait autrement. Mais il n’y avait pas d’autre choix. Dès les premiers instants, tout notre syndicat était derrière ce mouvement, pas seulement symboliquement mais aussi au niveau des ressources mises à sa disposition pour parvenir à cette victoire.»
Une victoire qui est aussi celle de tout le mouvement syndical car «la mobilisation a payé. Elle donne de l’espoir à toutes et tous les employés du service public et elle est un symbole des luttes à venir en Suisse mais aussi à l’échelon européen où les attaques contre les services publics deviennent monnaie courante», analyse Giorgio Tuti.

Une maîtrise de l’outil de la grève

Cette grève, dans son organisation – les usagers et les citoyens ont été associés au mouvement – est un exemple. Une grève bien suivie, bien dirigée, «sans qu’on en perde le contrôle». Elle a impressionné de nombreuses personnes, indépendamment de la couleur politique, des patrons aussi. Elle a eu un impact au-delà du monde syndical. «Des directeurs m’ont aussi manifesté leur appui car ils ont vu que notre combat était aussi celui du service public et donc de leur entreprise de transport.»

La clé? Le modèle de milice

«Notre modèle qui se base sur 153 sections de miliciens, appuyés par les secrétaires syndicaux, est un modèle traditionnel qui est aussi un modèle d’avenir. Je suis absolument convaincu que cela n’aurait pas été possible sans une excellente organisation de la base et un fort taux de syndicalisation. Le coaching des sections que nous avons introduit en 2013, qui vise à remobiliser les sections, est donc absolument central.»
La victoire en poche, l’heure est au bilan. «Il s’agit maintenant d’analyser cette lutte avec le comité de la section SEV-TPG pour tenter de voir ce qui a marché, mais aussi si certains éléments peuvent être améliorés. Il est aussi pertinent d’inclure dans ces réflexions les autres syndicats actifs dans le service public pour renforcer la lutte contre le démantèlement qui s’y opère. Cette lutte genevoise servira d’exemple!»
 Vivian Bologna

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